‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 84 sur 87 · LIV. II, CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. IV

cr eff tout françois,difans oultre plusieurs belles ce parolles qui efmeurent le roy & les afîiflans cc à pleurer (i). »

Après une telle requête, le roi ne pouvait pas agir autrement qu’il le fit. 11 prit l’avis de Ton confeil , qui fut unanime en ce point, & peu de jours après le chancelier de France de Ganay répondit aux députés des trois Etats , que le roi, fur leur demande, s’engageait à faire le plus tôt poffible le mariage de fa fille Claude avec François d’Angoulême, héritier de fa couronne. Louis XH refia inébranlable dans la réfolution qu’il avait prife : en vain l’archiduc Philippe-le-Beau , informé de ce qui

(i) Récitdecequi s’eft pafle lors delà remonifrance faidfe au roi Louis XI 1 parles Eftats du royaume, pour l’engager à confentir au mariage de Madame Claude de France avec Monfeigneur François, duc de Valois, t. 1, p. 43, des Lettres du roy Louis XII & du cardinal Georges d’Amboife, &c, Bruxelles, 1712, 4 vol. in-12. — Voyez auffi, fur le même fujet, une pièce publiée en ifoy, La Propofition & harangue tranjlatée de latin en françois , par mejjire Claude de Seyjfel confeiller & embajjadeur du roy très- chrétien, Loys, douzième de ce nom , au roy d’Angleterre, Henry feptiefme de ce nom , pour le mariage de Madame Claude de France, avecques Monfieur le duc de Valois , in-4 ', goth.

venait de fe paffer au Plefiïs par Ton ambaflfadeur (i), adrefia-t-il au roi des obfervations, lui rappelant les engagements qu’il avait pris, Louis XIÏ n’en tint nul compte.

11 eut à foutenir des luttes pénibles pour lui avec fa "Bretonne , qui , tou jours en tê tée de l’alliance de fa fille avec la maifon d’Autriche, ne ce fiait de l’importuner afin qu’il exécutât le traité de i ÿoi . Il refufa d’abord en plaifantant , & dit à la reine, dans ce langage familier dont il aimait à fe fervir , qu’il avait réfolu de ri allier fes fouris qu’aux rats de fon grenier. Anne de Bretagne répondit avec impatience : « Il fembleroit à « vous ouïr que toutes les mères euflfent conf- « piré d’être mauvaifes à leurs filles. » Louis XI I tint bon & reprit dans un langage plus févère, mais toujours figuré : « E Aimez-vous qu’il n’y « ait point de différence que votre fille com- « mande à la Petite -Bretagne, fous l’autorité « des rois de France, ou qu’étant femme d’un « très-puififant roi, elle jouifie avec lui des « commodités d’un très-noble <3c très-florifiant « royaume ? Voulez- vous préférer le bât d’un « âne à la felle d’un cheval ? »

(i) Le Glay, Négociations , t. I, p. i]6.

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