‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 9 sur 87 · LIV. I, CHAP. I · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. I

bat^ par Alain d’Albret, qui abandonna tous Tes droits fur le duché de Bretagne, moyennant une rente viagère de vingt-cinq mille livres. Toujours oblliné dans Tes projets de mariage, fachant que la France ne reconnaiffait pas la validité de l’union avec Maximilien, d’Albret fit inférer, dans Ion aéle d’accord , la claufe fuivante : que le plaifir du Roi fût tenir la main au mariage de Madame Anne de Bretagne pour ledit fieur d’Albret, ou fon fils, & les y favorifer & porter par tous bons moyens à ce que le dit mariage pût fe faire ( 1 )

Dans les premiers jours de l’année 1491, Charles VIII, accompagné du comte de Dunois, de Louis, duc d’Orléans , de la dame de Beaujeu, était venu rejoindre fon armée en Bretagne. Pendant que cette armée pourfuivait fes conquêtes, le Roi tenait fa cour à Nantes, <3c cherchait par tous les moyens à s’infinuer dans les bonnes grâces des habitants du pays. Des corruptions furent pratiquées à l’égard des principaux perfonnages des deux partis qui déchiraient la Bretagne, & qui, depuis la mort de François II furtout, fe trouvaient en préfence.

(1) Dom Morice, oA6les de ‘Bretagne , t. III, p. 686.

J’ai fignalé précifément quelques-unes de ces corruptions (1). Déjà Louis XI était parvenu à mettre dans Les intérêts des perfonnages importants de la province, Anne de Beaujeu avait continué avec un grand fuccès l’œuvre de Ion père, fi bien qu’il ne refiait à la jeune duchefle que très peu de fujets fidèles. Anne de Bretagne, à la tête d’une petite armée, fous la conduite du maréchal de Rieux, fon tuteur, efîayait vainement de lutter contre l’envahiflement des Français. Elle manquait furtout d’argent, à tel point, que le maréchal avait fait battre une monnaie grolfière, appelée monnaie noire , de très bas aloi 5 de plus, il avait mis en gage les bagues <3c joyaux de la jeune duchefie, tels que flacons, drageoirs, <3c jufques au Sacraire où l’on mettait les hofiies, le tout pefant un peu plus de cinq cents marcs d’argent (2). Vainement Anne de Bretagne s’était préfentée devant Nantes, avec fa fœur, la jeune Ifabeau, les

(1) Voir à la fin de flntrodu&ion les Penfionnaires de Bretagne.

(2) Voir mes Appendices n° i, S I. Pièces hiftoriques : Lettres-patentes d’cAnne de Bretagne, en faveur du maréchal de Pieux, du 9 août 1490.

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