‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 104 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

il ne put encore que bénir son peuple le jour de Pâques. Le 5 mai suivant, Saint-Hyacinthe perdait son évêque ; la Présentation perdait un père.

Ce que fut la sollicitude filiale de sœur Saint- Maurice pendant la maladie de son évêque, il serait peu facile de le bien peindre. Si elle ne pouvait entraver les lois inexorables de la mort, encore eût-elle voulu alléger les souffrances du vénéré malade. Un jour, elle remarque que dans sa touchante pauvreté, le bon évêque n'a pas même un fauteuil tant soit peu confortable pour se reposer convenablement. Aussitôt elle y pourvoit ; et voici en quels ter* mes charmants le prélat lui en accuse réception :

« L/Evêque de Saint-Hyacinthe remercie beaucoup le bon S1 Joseph, — (on était au mois de mars,) — qui, sous l'inspiration et avec le travail de sa glorieuse épouse, a confectionné, pendant son bienfaisant mois, un fauteuil plus beau qu'aucun de ceux qui aient jamais décoré le salon de Nazareth; et il supplie bien ardemment le charpentier mystérieux de s'unir encore à sa chaste épouse pour obtenir du Fils divin, qui les inspire, une grande et immortelle bénédiction pour ses chères filles de la Présentation de Marie. »

Le jour même où il reçut les derniers sacrements,

le vénéré moribond dit à sœur Saint-Maurice et aux sœurs qui raccompagnaient : « Écrivez à « Bourg-Saint-Andéol et dites à votre mère gé- « nérale que je la remercie de tout mon cœur « des sacrifices et de tout ce que votre commu- « nauté de France a fait pour mon diocèse... Si « je vais au ciel, comme je l'espère fermement, je « vous serai plus utile que sur la terre ; j'y verrai « votre vénérable mère Rivier ; j'assisterai à la fête « de la béatification. Quelle gloire pour moi ! Je la <r prierai de vous donner à toutes ses vertus et son « esprit pour faire le bien dans mon diocèse. »

Telle a été l'une des dernières bénédictions de Mgr Prince à ses chères filles de la Présentation. On conçoit quelle fut la douleur de celles-ci, quand la mort roidit dans la tombe une main si paternelle. Sœur Saint-Maurice en exhala ses plaintes a la révérende mère Arsène dans quelques pages émues, malheureusement trop longues pour trouver place ici. Son admirable lettre se résume d'ailleurs dans l'éloge du défunt, jaillissant de toutes les lèvres, et dans ce cri qui seul pouvait sortir de son propre cœur: « Mon Dieu, que votre volonté soit faite et non la nôtre ! »

Dieu n'abandonnait point ses filles si éprouvées. 11 avait inspiré a Mgr Prince, peu de jours avant son

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