LIVRE IIe. — LA SOEUR MISSIONNAIRE
cinthe et commençait la série ininterrompue de ses bontés paternelles envers la Présentation.
Nous venons de nommer incidemment Mgr Taché. Cet intrépide évêque dut faire un voyage en Europe afin de quêter pour son diocèse fortement éprouvé, l'année qui suivit les événements dont nous venons de faire le récit. L'affectueux souvenir qui rattachait à Viviers et a la Présentation le conduisit à Bourg- Saint-Andéol dès son arrivée en France. Il était porteur de lettres, pour la maison-mère, dans lesquelles sœur Saint-Maurice donnait des détails sur la situation de la Présentation canadienne. On était alors à la fin de 1 861 . Cette situation est donc celle où se trouvaient les missions du Canada, au moment où leur fondatrice allait les quitter. C'est à ce titre qu'il nous paraît important de la résumer ici.
Soixante membres composaient alors la famille d'outre-mer de la Présentation : trente-deux professes, dix novices, six postulantes, et douze novices ou postulantes converses.
Cinq maisons- abritaient leurs œuvres. Une sixième, Saint-Georges, allait s'ouvrir, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Il serait difficile de calculer le nombre d'âmes qui déjà y avaient bénéficié d'un zèle éclairé et ardent. Quant au chiffre des enfants qui y recevaient l'éducation chrétienne, il croissait de jour
198 LA R. MÈRE SAINr-MAURICE
en jour ; et partout l'on se demandait s'il n'y aurait pas lieu bientôt d'élargir les locaux.
Cette éventualité était déjà une nécessité urgente à Saint-Hyacinthe. La volonté de Dieu était là. Car, enclavé entre l'évêché, l'église, le cimetière et la rue, le couvent n'était attenant qu'à une seule propriété privée, à laquelle il confrontait à l'ouest. Or ce terrain fut mis en vente juste à point pour que, malgré une respectable concurrence, la Communauté pût en faire l'acquisition.
La Providence d'ailleurs se manifestait en même temps d'une autre manière propre à encourager de telles entreprises. Jusque-là, en dehors des fondations que nous avons relatées, quelques secours donnés de bon cœur, mais nécessairement restreints, s'étaient seuls ajoutés à diverses allocations de la Législature, pour aider les sœurs à supporter les charges qu'elles avaient assumées. Or, pendant que l'affaire du terrain de Saint-Hyacinthe se traitait, un vénérable prêtre, M. Drolet, curé de Saint-Jude, laissait à la Présentation, par testament, une somme de douze cents piastres, à la condition perpétuelle d'élever une petite pauvre. Cette ressource à un tel moment n'était-elle pas un signe de Dieu?
Cependant le Seigneur qui nous aime et qui nous cherche avant tout pour nous sanctifier, ne nous