‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 107 sur 188 · LIVRE IIe — LA SOEUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe — LA SOEUR MISSIONNAIRE

« oublie » jamais, selon la pensée d'un saint, au point de nous laisser longtemps sans douleur. Rachetés par la croix, nous ne pouvons sans elle aller a Dieu!

Depuis huit ans qu'elle s'était formée dans la Nouvelle France, la branche canadienne de la Présentation avait payé son tribut à l'épreuve et a la souffrance ; mais la mort l'avait respectée dans son épanouissement. L'heure était venue pour le ciel de s'approprier l'une des fleurs écloses sur cette tige, où la sève religieuse se montrait si vivace. Le 12 décembre 1861 , la sœur Marie-Saint-Edouard s'endormait à Saint-Hyacinthe dans la paix du Seigneur. Elle était âgée de 28 ans et comptait sept années de religion. Dans le monde elle s'appelait 3fle Adèle Tèlreau. Elle était née à Sainte-Marie-de-Monnoir ; et la même, dans ce berceau de la Présentation canadienne, elle avait trouvé la vie religieuse, dans laquelle son âme vaillante avait « en peu de temps consommé de longs jours » , selon le mot de l'Esprit- Saint.

Un autre deuil était proche. Une année ne devait point s'écouler sans que la Congrégation tout entière n'eût à pleurer comme on pleure sur la tombe d'une mère. C'est une mère, en effet, qui lui était enlevée lé. 24 octobre 1862 : la révérende mère Arsène, su-

périeure générale de la Présentation, avait quitté ce monde, moins chargée d'années que de mérites. Ce douloureux événement plongea dans la tristesse toutes les filles de cette vénérée mère. En l'apprenant un mois plus tard que leurs sœurs de France, celles du Canada n'en ressentirent pas moins vivement une telle perte. L'une d'elles eut le cœur plus brisé que les autres, ce fut sœur Saint-Maurice, dont rattachement à la mère Arsène était vraiment exceptionnel.

Pendant que la supérieure du Canada était entièrement à son chagrin, ne trouvant un peu de baume à la plaie de son cœur que dans le Fiat volunlas qui lui était si familier, ce même Fiat devenait pour le ciel un acquiescement dont la Congrégation allait bénéficier : le 8 décembre suivant, sœur Saint-Maurice était élue supérieure générale de la Présentation de Marie.

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