‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 112 sur 188 · LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

« témoignage, hélas, moins acceptable, quel dom- « mage qu'une telle femme soit catholique et reli- « gieuse ! » — Pauvre bon cœur aveuglé ! Puisse sa générosité lui avoir attiré quelques rayons de lumière !

Le 19 mars, on arrivait à Liverpool. Au moment d'entrer au port, le navire toucha. La marée était basse, il eût fallu attendre le flot. On fut heureusement dispensé de ce retard. Un bateau plat reçut les passagers qui n'étaient pas bien nombreux et les mit à terre.

Un ami du capitaine, à qui celui-ci avait chaleureusement recommandé les sœurs, voulut, en bon gentleman qu'il était, faire grandement les choses. Il conduisit et installa ses protégées dans le plus splendide hôtel de Liverpool. La pauvre mère Saint- Maurice en fut tout abasourdie, quand elle vit son humilité sur de moelleux tapis, au milieu de tout le confort d'Albion. — « Mes chères enfants, dit-elle à « ses filles, où sommes-nous tombées, pour l'expiait tion de nos .péchés ! » — Aussi, le lendemain, à Londres, elle prit sa revanche et alla loger chez les Petites Sœurs des Pauvres. La, elle demanda à manger au réfectoire avec tout le monde ; et, refusant un pain intact qui lui était offert, elle voulut comme les autres « prendre au tas » dans la corbeille « des

morceaux », Elle ne savoura jamais mieux les délices de la sainte pauvreté.

Le trajet de Londres en France fut rapide et s'effectua par un très beau temps.

A Paris, mère Saint-Maurice et ses filles furent reçues chez les sœurs de l'Espérance. — « Sans nous connaître, elles nous traitèrent en vraies sœurs», écrivait Tune des compagnes de la mère générale. — Et le noble sentiment, qu'inspirait après le voyage cette hospitalité religieuse et française, est tout entier dans cette note de la même sœur: — « Oh ! qu'il nous était doux de nous retrouver enfin en communauté ! »

On était donc en France et a la veille de cette rencontre si attendue d'une mère avec sa nombreuse famille. Mère Saint-Maurice n'avait pour cette heure qu'un désir : éviter qu'on lui fit trop d'honneurs. Dans ce but, elle avait laissé ignorer à Bourg-Saint- Andéol le jour de son arrivée. Elle avait même pris dans ce sens de minutieuses précautions; elle croyait bien sûrement réussir. Mais voici qu'un jour, au moment de monter en fiacre pour une course dans Paris, elle se trouve tout a coup en face de.... M. Dabert! — « Mon Dieu, me voilà prise! » — Telle fut son exclamation instinctive. Elle l'était bien, en effet. Que voulez-vous? une mère ne réus-

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