LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE
sit pas à se dérober a Famour de ses enfants. A Bourg-Saint-Andéol on avait eu une révélation, sans recourir au surnaturel ; et M. le Vicaire Général, qui se trouvait alors à Paris, venait d'être averti. — « Monsieur le Supérieur, lui dit mère Saint-Mau- « rice, je suis maintenant sous votre dépendance et « je m'en tiendrai a ce que vous déciderez » . — Il fallut donc renoncer à V incognito.
Or, l'on touchait à la fin du carême. Mère Saint- Maurice ne voulait pas arriver à Bourg-Saint-Andéol pendant la semaine sainte, pour ne pas troubler en ces jours le recueillement de la maison. Elle s'arrêta chez ses filles de Moulins où, « retrouvant, écrivaitelle, la régularité, la ferveur et la simplicité » , c'està-dire « l'esprit primitif» de la Congrégation, elle y reconnut « le premier rayon d'espérance » qui réconforta son âme, au moment d'entreprendre sa lourde mission.
A Lyon, le lundi de Pâques, la révérende sœur Assistante était a la gare. Cette rencontre fut le prélude des joies qui allaient bientôt éclater à la maison-mère.
Mais avant d'entrer au couvent, où tant de souvenirs et d'émotions attendaient la mère Saint-Maurice, une halte était commandée à celle qui professait, pour la hiérarchie sacrée de l'Eglise, un respect si
profond. En quittant la voie ferrée, à Châteauneuf, on mettait Viviers sur la route de Bourg -Saint- Andéol.
Le vénérable Mgr Delcusy reçut avec bonheur celle dont il avait salué l'élection comme le gage le mieux assuré de l'avenir pour la Présentation. Dans la chapelle de son palais, il réunit à sa messe toutes les sœurs présentes à Viviers, au nombre de dix-huit. Puis il déclara solennellement confirmée l'élection de la mère générale. — « Vous n'avez pas besoin, « ma chère mère, ajouta le bon évêque, d'aller cher- « cher bien loin les modèles que vous devez imiter. « Vous les trouverez dans les deux saintes mères « qui vous ont précédée. Marchez sur leurs traces « et vous serez la troisième supérieure modèle de « la Présentation de Marie. » — Après ces paroles, les sœurs présentes font l'obédience entre les mains de leur nouvelle mère. Et celle-ci de leur dire : — « Vous vous êtes données à moi, je me donne toute « à vous, mes chères filles... Je sais que, pour ses « grandes œuvres, Dieu aime souvent à se servir des « plus faibles instruments, afin que sa gloire éclate « davantage. Demandez- lui que je remplisse ses « desseins. »
Le li avril 1863, dans la soirée, toute la Communauté de Bourg-Saint-Andéol, y compris le pen-