‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 117 sur 188 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Son administration

La caractéristique de la supérieure générale dans son administration. — Ses circulaires. — Les Retraites. — La correspondance. — Gomment elle savait écouter. — Ferme appui sur le Règle. — Conduite pendant la guerre de 1870. — Le Sacré-Cœur. — La question des écoles. — L'action de la supérieure. — La cause de la mère Rivier; le futur évêque de Marseille.

Entrer dans tous les détails d'une administration de quinze ans, ce serait nous exposer a des longueurs fatigantes et a des redites. Il nous semble que nous avons mieux à faire. Notre but étant, avant tout, de fixer en ces pages les traits d'une grande figure, nous allons essayer de montrer, en un rapide aperçu, quelle fut dans sa façon d'administrer la caractéristique de .la mère Saint-Maurice.

Lorsqu'il s'agit de gouverner les hommes dans les sphères de l'ordre purement temporel, un administrateur ressemble assez généralement à tous les administrateurs. Il ne se meut guère qu'entre des lois et des règlements qui fixent l'application de ces

lois. Sauf la part faite à sa prudence et a son habileté diplomatique dans la conduite des affaires, ou bien encore s'il n'est doué d'un génie exceptionnel, la voie personnelle est bien restreinte devant lui. Et, comme, après tout, il a à son service une sanction d'avance édictée et dont l'exécution doit être assurée par la force, le mérite de ses hardiesses se trouve singulièrement diminué.

Dans l'Eglise, les lois qui sont plus stables, parce que leurs principes sont plus fermes, laissent dans leur application une plus grande place à l'initiative de l'évêque dans son diocèse, du supérieur dans son monastère ou dans sa famille religieuse. De plus, la force morale est la seule qui appuie leur sanction. Cette force est puissante, il est vrai, entre les mains de qui sait en user ; mais elle devient une arme ou dangereuse ou vaine, si l'on ne s'en sert avec justice et dextérité.

Il résulte de cette différence de situation que le moule de l'administrateur se retrouve beaucoup moins dans l'Eglise que dans l'Etat. Plus facilement chez nous la note uniforme disparaît. L'un gouverne par l'esprit, l'autre surtout par le cœur; tel est prompt, tel est temporisateur ; celui-ci garde l'autorité dans un mystérieux sanctuaire et livre sa force impulsive à des rouages secondaires qui la transmet-

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