CHAPITRE IV
Son Canada
Sœur Saint-Célestin. — Les départs pour le Canada. — Les lettres de la mère générale. — Les fondations. — Première visite au Canada en 1867. Sœur Saint-Marc. La situation. M81 Charles Laroque. Maladie de mère Saint-Maurice. Retraite. Un incident à New- York. Retour à bord du Saint-Laurent. — Mort de M. Désaulniers. — Seconde visite de mère Saint- Maurice au Canada, en 1876. A bord du Canada. Le mois de Marie en mer. Le séjour. Mgr Moreau. La retraite. Le transfert de la maison provinciale. Une ordination. La huitième traversée. Le Magnificat.
En quittant son cher Canada au mois de mars 18o.^ la révérende mère Saint-Maurice avait provisoirement remis le commandement de sa petite légion entre les mains de son assistante sœur Saint- Marc, comme elle ouvrière de la première heure. Elle avait en même temps promis à ses filles de leur envoyer bientôt une nouvelle directrice. La réalisation de cet engagement ne se fit pas trop attendre.
Le 13 juillet suivant, sœur Saint-Cêlestïn, désignée pour cette difficile succession, se mettait en route avec une autre sœur.
Mère Saint-Maurice initia elle-même les deux missionnaires à leur vocation apostolique. Avec cet heureux mélange, que nous avons tant de fois signalé, de mansuétude et de virilité, elle chercha à leur adoucir les émotions d'un semblable sacrifice sans leur en soustraire le mérite, en les amenant surtout à purifier leur intention. Et mettant le comble à ses attentions maternelles, elle voulut enfin les accompagner jusqu'à Paris, pour les recommander à un excellent canadien qui devait faire route avec elles.
D'autres départs suivirent celui-ci. Et ce ne fut pas toujours sans danger, car, en février 1869 notamment, deux sœurs virent le bâtiment qui les portait assailli par une violente tempête; elles ne durent leur salut qu'à la visible protection de la sainte Vierge et s'estimèrent heureuses que le navire désemparé pût à grand'peine rentrer au Havre, >^ù il était parti dix jours auparavant.
Mais en s'occupant d'entretenir le personnel de sa famille canadienne, la révérende mère générale avait encore plus à cœur d'y maintenir la vie religieuse et l'esprit primitif de l'Institut.
En allant prendre possession du poste qui lui était assigné, la sœur Saint-Gélestin avait emporté deux lettres de mère Saint-Maurice. L'une s'adressait à toutes ses « bien-aimées filles réunies à Saint-