‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 129 sur 188 · LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

Hyacinthe » ; l'autre était particulière aux sœurs du tiers-ordre de la Sainte-Famille.

Cette dernière donnait aux chères converses, alors au nombre de sept (sans compter les postulantes), un témoignage spécial de sentiments qui ne pouvaient être « plus sincères, plus tendres et plus dévoués » .

La première transmettait aux sœurs de judicieux conseils que résumaient ces mots : « Aimez-vous les unes les autres ; aimez la simplicité ; aimez nos saintes règles. » Il nous plaît de citer tout au long le début de cet épanchement maternel.

« Mes toujours plus chères filles,

« Il me serait bien doux de me trouver en ce moment au milieu de votre pieuse réunion, de satisfaire mon ardent désir de vous voir, et d'échanger avec vous, dans un cordial et intime entretien, quelques-unes de ces paroles qui sont vraiment les messagères du cœur, de recevoir la -confidence de vos joies et de vos peines, de vos efforts et de vos consolations, de vos succès et de vos mécomptes ; peutêtre aussi de vos faiblesses et de vos regrets

« Ici, chères et bien-aimées enfants, je sens mon cœur s'attendrir, et mes yeux se mouiller d'abon-

dantes larmes ; mais ma volonté est toujours invariablement fixée en l'adorable plaisir divin. Et puis, s'il est vrai que des cœurs unis en Dieu peuvent, par une merveille que le monde ignore, se trouver en plusieurs lieux divers, sans aucune division, et sans séparation quelconque ; s'il est vrai encore que la parole établit une intime communication, que les distances sont impuissantes à briser, je pourrai donc épancher, au moins en partie, mon âme dans votre âme et faire parvenir jusqu'à vous mes souhaits maternels, et la nouvelle assurance qu'ils s'accroissent avec l'expérience toujours plus sensible que Dieu m'a donnée à vous, et vous a données à moi.... »

Toute la correspondance de la mère générale avec le Canada se soutient à ce diapason. Elle reflète sans doute l'intérêt le plus attentif aux oeuvres dont la mère Saint-Maurice demande et suit les détails et les progrès ; mais la sollicitude pour ses filles, le souci de leur avancement spirituel en est la note dominante.

Les œuvres du Canada se ressentaient d'ailleurs de l'impulsion énergique que mère Saint-Maurice leur avait imprimée ; et si leur multiplication ne participait pas a la rapidité proverbiale avec laquelle tout se fait en Amérique, ce n'était point le désir,

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