LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE
dont la présence lui ramenait la quiétude et les saintes joies.
Mère Saint-Maurice était 'a peine rentrée en France que rémotion et la gratitude du Canada lui étaient exprimées dans les termes les plus chaleureux. Non seulement ses filles d'outre-mer ne manquèrent pas à ce devoir ; mais encore le sentiment commun eut son écho sous la plume de M. Dèsaulniers, interprète des remerciements de tous, pour le bien que la visite de la mère générale avait fait à la Présentation canadienne. — « Quoique je sache bien, ajoutait-il, que les rives du Saint-Laurent ne seront plus jamais foulées par vos pas, je ne perds pas l'espoir, l'heureux espoir, de vous revoir en ce monde. Oui, que Dieu permette qu'un jour il me soit donné de visiter le théâtre de vos derniers travaux et les lieux sanctifiés par les prières de la vénérable mère Rivier.... » — Triste retour des choses humaines ! C'était juste le contraire qui allait se produire. Celui qui écrivait ces lignes allait mourir bientôt ; et mère Saint - Maurice, devait encore une fois visiter le Canada.
En effet, huit mois après avoir écrit cette lettre, M. Désaulniers rendait à Dieu sa belle âme le 22 avril 1868. Pour accomplir sa tâche et se charger de mé-
rites, il ne lui avait point fallu atteindre à la vieillesse. Ce fut une grande perte pour la Présentation et pour le diocèse de Saint-Hyacinthe. La mère Saint-Maurice en fut profondément émue ; et bien qu'elle supportât l'épreuve avec toute l'énergie qu'on lui connaît, elle ne put retenir le cri déchirant de son âme, elle voulut faire partagera toute la Congrégation sa reconnaissance envers celui qui avait été le conseil et l'appui de ses filles d'outre-mer. Une circulaire annonça ce triste événement. La confiance de M. Désaulniers en la vénérable mère Rivier y est traduite avec intérêt. Le nom de ce saint prêtre est à jamais inscrit dans les annales de la Présentation.
Huit ans plus tard, le second trait que nous signalions se réalisait, mère Saint-Maurice reprenait le chemin de l'Amérique.
Nous nous transportons de suite à l'année 1876. Mère Saint-Maurice avait soixante ans. Déposée de plein droit aux termes des Constitutions, elle venait d'être réélue supérieure générale. Toujours animée de l'esprit de zèle et de charité, elle avait mesuré les obligations que lui imposait le renouvellement de sa charge et n'entendait pas que son devoir fût amoindri par son âge, puisque son âge n'avait point amoindri ses pouvoirs.
Bientôt elle jeta les yeux du côté de l'Océan avec