‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 136 sur 188 · LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

pêcher « le grand silence » de perdre entièrement ses droits. Le repos d'ailleurs était nécessaire.

Faisons trêve aux descriptions. Chants et compliments, fleurs et ornementations, le tout agrémenté de larmes de joie et d'émotions diverses : quels éléments pour enrichir et varier un programme, quand les cœurs surtout battent à Funisson.Ce qui se passa du reste à Saint-Hyacinthe se reproduisit ensuite, dans un cercle moins grandiose peut-être mais avec le même amour, dans toutes les maisons où se porta la mère générale. Celle-ci pouvait être fière de « son cher Canada » .

Nos lecteurs n'ont pas oublié le vénéré secrétaire de l'évêché, M. Moreau. Elevé a la dignité épiscopale depuis le i6 janvier 1876, c'est lui qui était, à cette heure, évêque de Saint-Hyacinthe ; il avait succédé à Mgr Ch. Laroque. Il n'y a donc pas lieu d'insister pour dire combien ce digne prélat applaudit au voyage de la mère Saint-Maurice. C'est lui-même qui, à la date du 10 mai, voulut annoncer à Bourg- Saint-Andéol l'arrivée de la révérende mère au Canada. Sa lettre est des plus aimables; elle montre en même temps et tout le bien qu'il attendait de cet événement et son attachement profond a la Présentation.

Sa Grandeur daigna recevoir une profession la

24 mai. Mère Saint-Maurice fut en cette circonstance à Saint-Hyacinthe ce qu'elle était en pareil cas à Bourg-Saint-Andéol, la vraie mère accueillant avec toute son âme les nouvelles filles que Dieu lui donnait.

Puis, l'infatigable sœur missionnaire, comme si elle se sentait rajeunie sur ce théâtre de ses anciennes conquêtes, se mit en route et visita, au prix de mille fatigues, toutes ses maisons de la Présentation. Partout où elle passa, l'accueil le plus enthousiaste lui fut fait. Partout elle eut son bon sourire, cette parole aimable et douce a chacun, cette suavité qui rejaillissait de sa belle âme et a laquelle nul ne résistait. — « Elle n'a pas changé, disait-on de tous cô- « tés, elle est toujours aussi affable ; c'est toujours « la bonne mère Saint-Maurice » . — Partout enfin, elle laissa comme un nouveau germe de bien ; et la Règle de la vénérable mère Rivier, déjà florissante sur le sol canadien, parut prendre sous ses pas un regain de vitalité.

En rentrant de cette tournée, la révérende mère générale se trouva en face de deux grandes œuvres à accomplir : la Retraite et la translation de la maison provinciale dans un local plus avantageux.

La Retraite groupa autour de leur mère la plupart des filles de la Présentation du Canada. Elle produi-

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