‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 137 sur 188 · LIVRE IIIe — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

sit les plus heureux fruits. Y aurait-il trop de hardiesse à affirmer que la présence de mère Saint- Maurice féconda singulièrement la bonne semence tombant des lèvres apostoliques d'un R. P. dominicain? Ici encore, répétons-le, la supérieure générale fut à Saint-Hyacinthe ce qu'elle était a Bourg-Saint- Andéol en de semblables circonstances : elle avait l'œil à tout, réchauffait de son conseil chacune de ses filles en particulier, les exhortait toutes ensemble a la vie parfaite et leur en donnait elle-même Tédifiant et suave exemple. Energique d'ailleurs, comme toujours, elle ne s'épargna pas même la peine de faire les petites admonestations qu'elle jugea utiles au bien ; en sorte que l'une des sœurs pouvait avec justesse traduire ainsi la pensée commune : — « Elle n'est pas seulement le cœur de la « Présentation ; elle en est aussi bien la tête et les « nerfs »

Quant la Retraite fut close et que les essaims venus de tous côtés eurent repris leur vol vers les ruches momentanément désertées, on s'occupa k Saint- Hyacinthe de transférer le noviciat et la maison provinciale dans un local mieux approprié aux développements des œuvres. L'évêque de Saint-Hyacinthe l'avait béni à la clôture de la Retraite ; la mère générale y avait réuni ses filles pour leur donner ses

derniers avis ; il ne s'agissait plus que de s'y installer. Mère Saint-Maurice voulut présider elle-même à tous les détails de ce laborieux emménagement auquel la population prêta son plus généreux concours. Le i août 1876, premier vendredi du mois, Mgr Mo* reau disait la messe dans le nouveau couvent et Notre Seigneur en prenait possession.

La mission de la révérende mère générale était achevée. Il fallait maintenant songer au retour. Mais avant de lui laisser reprendre la route de l'Europe, Dieu voulut, sur ce sol témoin de ses labeurs, lui faire goûter quelque peu la consolation du moissonneur.

Sa générosité avait jadis ouvert les portes du collège de Saint-Hyacinthe à un jeune orphelin. Ses bienfaits avaient porté leur fruit; l'enfant d'hier était aujourd'hui debout sur l'avant-dernière marche de l'autel, prêt à en gravir le dernier degré : il était diacre. M§r Moreau voulut l'élever au sacerdoce en présence de sa bienfaitrice. Cette auguste cérémonie de Yordmation s'accomplit le 15 août dans la chapelle du couvent. Les sentiments de foi et de divin amour, qui jaillirent alors de l'âme du jeune prêtre, eurent leur écho dans le cœur si ardent de la religieuse déjà vieillie dans les saints combats. Mais en remerciant Dieu de son bonheur, mère Saint-Maurice, loin de

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