‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 138 sur 188 · LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

s'en prévaloir, s'humiliait encore et estimait qu'elle n'était qu'un instrument indigne entre les mains du Seigneur.

L'heure du départ sonna le 23 août. Chacun des jours qui en rapprochait avait augmenté la tristesse de la famille canadienne de la Présentation. On dut cependant se résigner au sacrifice. Et c'était bien pour Dieu qu'on le faisait, car autrement il eût été impossible à bien des cœurs de se séparer, peut-être pour la dernière fois, d'une mère si bonne et si tendrement aimée. Il le fallut pourtant ! Malgré l'heure matinale, six heures, de nombreux amis se trouvèrent a la gare. M. Raymond, supérieur ecclésiastique de la Présentation, voulut accompagner la mère générale jusqu'à Montréal, où mère Saint-Maurice tint a visiter toutes les communautés dont, autrefois et en ce dernier voyage, elle avait si bien apprécié la sympathie. Le 25 août on était à New-York ; et le lendemain on voguait vers la France.

On était encore sur le Canada, le même paquebot sur lequel s'était effectuée la traversée quatre mois auparavant. Nous eussions voulu dire que cette fois l'Océan fut aimable. Mère Saint-Maurice semblait y avoir droit ; c'était la huitième fois qu'elle lui confiait sa santé et sa vie. Mais non, il fut implacable. Sa rudesse nous vaudra du moins le bonheur de noter,

une fois de plus, l'énergie de cette « femme forte » , qui, au milieu de ses souffrances, employa les moindres moments de répit, que lui laissait le mal, à écrire à ses filles de Saint-Hyacinthe, afin de les rassurer dès son débarquement.

Le S septembre on arrive au Havre. Un simple arrêt à Paris, pour remercier Notre-Dame des Victoires, retarde le retour à la maison-mère. Bientôt le couvent du Bourg ouvre ses portes à deux battants. Le Magnificat est chanté avec ardeur. Les larmes raccompagnent. Là-bas elles étaient brûlantes de tristesse ; ici la joie les provoque et les rend douces. Ici et l'a elles disent le commun amour envers celle qui porte dans son cœur « sa chère France et son cher Canada » .

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