CHAPITRE V
Son cceur et l'Église
Mort de Mgr Delcusy. — Sentiments de la mère Saint- Maurice envers l'évêque de Viviers. — Mgr Bonnet. — Respect pour l'épiscopat. — Le Pape. Les zouaves du Pape. La milice du Pape. — Le tombeau de la vénérable mère Rivier. — Voyage à Rome. Saint-Pierre. A la Minerve. L'audience. Le zouave canadien. Lorette et retour. — La calotte et le portrait de Pie IX.
Tandis que s'accomplissaient les derniers événements dont le récit occupe les pages précédentes, un grand deuil frappait le diocèse de Viviers. Mgr Delcusy était mort.
Agé de quatre-vingt-quatre ans, le vénérable prélat n'avait posé les armes qu'à la dernière heure. Il n'y avait pas encore quinze jours qu'il parcourait son diocèse, faisant comme de coutume sa tournée pastorale, achevant par un zèle infatigable de combler la mesure de ses mérites devant Dieu. On était au 17 mai 1876. Il avait reçu dans la journée l'Assistante de la Présentation ; il s'était informé des nouvelles de la mère générale et avait de nouveau ap-
prouvé son voyage au Canada : — « Sa visite fera « beaucoup de bien » , disait-il. — Ce jour-là même, à sept heures du soir, on lui administrait les derniers sacrements ; à dix heures, c'était fini.
Cette mort affligea profondément la mère Saint- Maurice. — « Je ne pensais pas, écrivait-elle à ses filles, que pendant mon absence l'Eglise de Viviers aurait à pleurer son vénérable évêque, et que la consolation de revoir le bon Monseigneur Delcusy ne me serait pas donnée ; aussi la nouvelle de sa mort m'a profondément attristée. Il est vrai que nous comptons au ciel un nouveau protecteur pour tout le diocèse, et pour nous-mêmes ; cependant, notre douleur est bien légitime : on ne se voit jamais sans regrets privé des exemples de vertu que les saints répandent autour d'eux comme un parfum dont seuls ils ignorent la puissance. D'ailleurs nous seraitil possible de nous rappeler combien Monseigneur Delcusy a été bon, paternel, dévoué pour notre famille religieuse, et ne pas être émues au souvenir de ses nombreux bienfaits, qui resteront gravés en caractères ineffaçables dans nos cœurs respectueux et reconnaissants. »
Les sentiments dont on vient de lire l'expression étaient d'autant plus vifs dans l'âme de la mère Saint-Maurice qu'une grande pensée surnaturelle en