‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 141 sur 188 · LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

« qui est un des plus beaux diamants de la cou- * ronne épiscopale de Viviers » . — Déjà il n'en doutait pas, mais il a pu mieux le reconnaître depuis, ce diamant ne veut briller qu'en demeurant étroitement enchâssé dans cette couronne.

Les sentiments qui animaient la mère Saint-Maurice envers l'évêque diocésain se traduisaient en une humble et respectueuse déférence vis-à-vis de Vépiscopat tout entier. Plus d'une fois le couvent de Bourg- Saint-Andéol reçut, de son temps, la visite de prélats dont l'énumération n'est point ici nécessaire. Pas un n'a franchi le seuil de cette maison-mère sans avoir été frappé de l'esprit de foi et de l'humilité de celle qui présidait aux destinées de la Congrégation.

Mais de tous les successeurs des Apôtres le successeur de Pierre était bien celui qui, à bon droit, devait le mieux attirer le cœur de cette si parfaite religieuse. Il nous faut pour en parler remonter maintenant à des dates antérieures aux faits que nous venons de rappeler.

Dans sa circulaire annuelle, portant à ses filles ses meilleurs vœux pour 1868, la mère Saint-Maurice les entretenait des épreuves de la Papauté. Elle leur citait l'exemple de généreux dévouement que donnaient au monde les zouaves pontificaux ; et elle

demandait à toutes d'être, a leur façon, les zouaves du Pape, avec les armes de la prière, du sacrifice et de la sainte communion.

Avec quel entrain elle organisait, deux mois après, parmi les élèves du pensionnat du Bourg, la milice du Pape, petite association de prières d'enfants pour le bien-aimé Pie IX. Elle savait ce que valent, aux yeux de Dieu, la petite mortification naïve d'une âme pure et la prière éclose sur des lèvres innocentes.

On ne doute pas que ce double élan n'ait été suivi avec enthousiasme. Dieu sait combien la piété y gagna. La digne supérieure en témoignait sa joie à la Congrégation ; et voici en quels termes s'ouvrait sa pensée tout entière si conforme à l'esprit de l'Eglise: — « Puisse chacun de nos actes être comme une flèche qui, allant percer au cœur les ennemis de notre auguste Pontife Pie IX, devienne en même temps pour eux un principe de salut; car, mes filles, si nous sommes réellement animées de l'esprit du Sauveur et de celui de son digne représentant sur la terre, tout en demandant que les projets sataniques des méchants soient déjoués, qu'ils soient anéantis et confondus, nous dirons également de tout notre cœur, en union avec Jésus en croix : Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font /... Non, mes chères filles, ils ne le savent pas, aveuglés qu'ils sont

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