LIVRE IIIe — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE
parla passion, et par les suggestions des esprits malins qui les poussent à agir contrairement a leur conscience et aux vues de la droite raison, surtout à celles de la foi.
« Pour nous, mes chères filles, nous rappelant que notre Institut a été fondé dans un temps où l'épouse du Sauveur violemment agitée semblait enfanter cette famille religieuse, afin de lui prêter aide et secours pour maintenir et accroître, par le moyen de l'instruction chrétienne, cette sève divine qui éclaire, instruit et vivifie les hommes, nous retrouvons dans l'origine de notre Congrégation un devoir et un motif de plus d'être des filles toutes dévouées au Saint Père. Soyons-le donc, selon notre petit pouvoir et dans la sphère que nous a tracée la divine Providence.
« Faisons le bien humblement, et sous le regard du bon Maître, qui le recueillera et l'appliquera, d'après le vœu sincère et ardent de nos cœurs, a la plus noble, à la plus légitime, à la plus sainte des causes. Blessées au plus intime de nos âmes par les douleurs amères du Souverain Pontife, blessées également dans nos plus chères affections par les malheurs de notre auguste Père, ambitionnons de concourir a sa consolation par notre piété filiale, notre amour généreux et notre dévoûment constant. Pour
cela, sachons nous laisser pour servir les intérêts les plus sacrés. D'un commun accord et bien sincèrement, disons souvent avec un pieux auteur : Puisséje m1 oublier moi-même pour te servir, 6 Eglise romaine; sois toujours la première dans mon souvenir , et le mobile de mes combats ! »
Dieu devait, Tannée suivante, 1869, récompenser par les plus suaves consolations la grande âme qui aimait si noblement et si profondément la sainte Eglise romaine.
Pour tout chrétien c'est une joie sans pareille que d'aller coller ses lèvres sur les traces des saints Apôtres et s'agenouiller devant le Vicaire de Jésus- Christ. Mère Saint-Maurice eut celte sainte allégresse par suite de circonstances qui en doublèrent le prix. Nous allons la suivre dans la Ville éternelle.
Le plus grand et l'incomparable trésor que possède le couvent de Bourg-Saint-Andéol, c'est le tombeau de la vénérable mère Rivier. Il est là, à la porte latérale de la chapelle. Une plaque extérieure l'indique ; et c'est tout. — Cette humilité sereine, à la fois pleine de réserve et de dignité, l'Eglise la veut aux sépulcres auxquels s'attache l'espoir d'une auréole. — Les hautes et remarquables vertus de la vénérée fondatrice de la Présentation ont depuis longtemps fait tourner les regards et les désirs vers