LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE
à rejeter le fardeau qu'elle estimait trop lourd pour les autres.
Au moment où s'acheva cette année 1877, mère Saint-Maurice adressa, selon l'usage, une circulaire à la Congrégation. On nous approuvera de ne pas laisser dans l'ombre cette expansion de son âme dans l'âme de ses filles. Recueillons - en la plus belle partie.
« Mes très-aimées filles,
« Je reçois toujours avec une satisfaction bien intime l'expression de vos sentiments tout filiaux, et de vos souhaits d'heureuse année ; mais ma jouissance est doublée, quand je viens vous assurer, en retour, que mes vœux pour vous sont d'autant plus ardents, que votre bonheur m'est tout à fait personnel. Vous n'en doutez pas, je le sais ; cependant laissez-moi satisfaire le besoin que j'éprouve de vous redire à toutes et à chacune, avec quelle sollicitude je pense à vous, de quel- cœur je prie pour vous, et de quel amour je vous aime en Dieu et pour Dieu, le principe et la fin de mon dévoûment maternel.
« En commençant notre douce causerie de famille, je me sens pressée de remettre sous vos regards les exemples et les enseignements qui nous
ont été légués, comme un précieux héritage, par notre sainte mère Riviër, et ses premières filles. Rien, ce me semble, ne pourra contribuer d'une manière plus efficace a nous rendre meilleures. Ne laissons donc pas de pareils trésors enfouis. Ce sont de riches mines qui nous appartiennent ; sachons les exploiter à notre profit spirituel et au profit des âmes qui nous sont confiées. »
Après avoir glorifié la régularité et la perfection des premières sœurs dont cinquante-six, contemporaines de la vénérable mère Rivier, étaient encore vivantes, elle cite l'exemple particulier de l'une d'elles, la sœur Dorothée ; et elle continue :
. « Ayons nous-mêmes Notre-Seigneur pour compagnon dans le chemin qui nous reste à parcourir. Ce bon Sauveur est tout disposé à prendre h plus grosse part de nos fatigues et de nos difficultés. Entendonsle nous dire chaque matin : Je veux que tu me serves aujourd'hui, avec cette peine, cet ennui, celle souffrance. Je serai là, moi, ton Père, pour te garder..» pour V aimer... Si ces paroles frappaient sensiblement vos oreilles, mes chères filles, vous vous estimeriez très heureuses de vous rendre au désir du divin Maître. Eh bien ! sa volonté est la même, quoiqu'il ne vous l'exprime pas d'une manière sensible. Le jour pré-