‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 163 sur 188 · LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

quantième anniversaire de leur profession. Pas une attention délicate ne fut négligée par la digne mère pour rendre agréables ces noces d'or à ses filles aînées. Son cœur s'y fût épuisé s'il n'avait été d'une richesse inépuisable.

Mais tandis qu'elle fêtait ainsi les autres, pour elle-même il lui suffît de sanctifier dans un plus parfait amour de Jésus-Hostie le cinquantième anniversaire de sa première communion. Elle sentait bien que c'étaient les seules noces d'or auxquelles ici-bas elle pût prétendre. — C'était le 1er avril. Qu'on retienne cette date, nous y reviendrons au chapitre suivant. — Ce jour-là, son ardent amour envers la très sainte Eucharistie se donne libre carrière ; et la ferveur de son oraison et de l'action de grâces lui fait goûter les plus saintes suavités. Jésus présent au tabernacle ! Jésus, compagnon de son exil, conseiller de ses labeurs, soutien de son apostolat ! Jésus, nourriture de son âme! Pour elle, c'est tout.— Elle qui avait tant fait autrefois, pour l'enseigner aux enfants commis à sa garde ; elle qui avait si souvent recommandé à ses filles de ne jamais négliger la sainte communion, sous de futiles prétextes ; elle sentait mieux que jamais, a cette heure, tout le prix de la sainte Eucharistie et de quel amour cet adorable sacrement était la preuve et l'expression. Elle avait du reste montré,

quelques jours auparavant, que cet amour la ravissait de plus en plus, en réorganisant parmi ses filles la communion réparatrice.

Les traits, que nous venons de citer, n'indiquentils pas comme un mouvement ascensionnel de cette grande âme, un essor plus rapide que d'ordinaire?

Ce n'était pas une illusion. Toutes ses filles qui l'approchaient remarquaient bien que depuis quelque temps un attrait plus sensible l'inclinait à une plus complète et affectueuse soumission à la volonté divine. Cette vertu d'abandon la dominait tellement qu'elle était devenue le thème ou la conclusion presque invariable de ses avis, de ses entretiens et de ses lettres. Le cher bon plaisir de Dieu l'absorbait. Une couronne n'était pas loin.

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