‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 164 sur 188 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Sa fin

La mort de S. S. Pie IX. — S. S. Léon XIII. — Une conjecture. — Préparation à la mort. — Le premier avril, elle s'alite. — Fiat voluntas ! Le saint Viatique. L'extrême-onction. La bénédiction d'une mère. — Dernier sacrifice, dernières paroles et dernier soupir.

Tandis que Dieu imprimait à la belle âme de mère Saint-Maurice un dernier et plus parfait essor, l'Eglise pleurait un père : Pie IX mourait le 7 février 1878.

Ce fut un bien grave et douloureux événement que la disparition de cette grande figure, dont l'énergie et la majesté sereine avaient captivé son époque, et dont la bonté avait, d'un bout du monde a l'autre, attiré les coeurs pour les enchaîner au Vatican. Ce fut aussi un véritable deuil personnel pour chacun de ceux qui avaient eu le bonheur d'approcher l'illustre Pontife, même une seule fois. Mère Saint-Maurice en fut profondément affligée. Une courte lettre a ses filles traduisit aussitôt sa vive émotion.

Quelques jours après, la catholicité remerciait Dieu de lui avoir donné Léon XllL Mère Saint-Maurice prenait part avec ses sœurs à l'allégresse commune. Bientôt elle recevait, pour elle et sa famille religieuse, une bénédiction spéciale, que lui envoyait le nouveau Pape. Puis, a mesure que l'on révélait toutes les suréminentes qualités de Celui dont la parole éclaire depuis si magnifiquement les peuples, l'esprit judicieux de la mère Saint-Maurice reconnaissait la miséricorde divine veillant sur l'Eglise. Son cœur saluait donc avec confiance l'avenir, vers lequel un guide aussi clairvoyant allait conduire la société si ébranlée et si menacée.

Cependant la mort de Pie IX paraissait avoir porté un coup mortel a l'existence de la vénérée supérieure. Ce n'est pas certes que le chagrin personnel, qu'elle en éprouva, eut pu tarir en elle les sources de la vie ; les vues surnaturelles qui l'animaient, ne laissaient aucune place à un tel excès de sensibilité. Ce n'est pas davantage que l'incertitude du lendemain fut de nature à miner ses forces : elle avait senti combien la Providence était bonne, en nous donnant un pape comme Léon XIII. Et pourtant, c'est a partir de cette heure surtout qu'elle semble avoir été plus préoccupée et comme dominée par le pressentiment d'une fin prochaine.— Oserons-nous

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