‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 24 sur 188 · LIVRE 1er. — LA RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE 1er. — LA RELIGIEUSE

a son », avouait une élève. — Combien d'autres, au cours de cette belle existence, ont pu faire ainsi la remarque du bénéfice que l'on tirait de son commerce et de sa direction !

L'un des moyens les plus efficaces, mis en œuvre par sœur Saint-Maurice pour amener les enfants au bien, et dont le souvenir se rattache plus particulièrement à son passage à Mais, c'est la pratique de la sainte communion. Elle insinuait à ses élèves le désir de la table sainte ; elle les y portait et leur enseignait à s'y préparer dignement et à en profiter : elle le faisait d'ailleurs en restant scrupuleusement dans la mesure de sa compétence, sans empiéter le moins du monde sur le rôle du confesseur et ses droits imprescriptibles. Que de bien a fait et fait encore aux enfants la fréquentation du divin banquet bien comprise et sagement dirigée ! Quelle reconnaissance ne doit-on pas à ceux qui ont réduit à néant le froid respect de Port-Royal et qui nous ont mieux appris a innoculer la vraie vie à la jeunesse, comme l'a si bien fait le vénéré Mgr de Ségur, ce saint aveugle dont la parole et la plume ont ouvert les yeux à tant d'âmes !

Sœur Saint-Maurice avait cette haute intelligence des. trésors eucharistiques. Elle ne voulait pas, en ce qui la concernait, encourir le reproche qu'accentuait

le prophète Jérémie en cette plainte douloureuse : « Les petits enfants ont demandé du pain ; et personne ne s'est trouvé qui voulût leur en donner » 1,

Ce ministère si consolant de la première maîtresse du pensionnat d'Alais ne dura qu'une année. Le 23 septembre 1 851 , au nom de la sainte obéissance, sœur Saint-Maurice partait pour Bordeaux et devenait directrice de cette maison de Saint-Martial, où nous l'avons vue faire ses premières armes de 1836 à 1839.

Cette nouvelle étape d'une vie qui fut si mouvementée a laissé, bien qu'elle ait été de courte durée, sa large part de souvenirs ; et nous pourrions y trouver matière à plus d'un récit. Mais dans une carrière si abondamment remplie, bien des faits d'ordre secondaire doivent être nécessairement élagués, pour mieux faire place aux traits caractéristiques de cette grande figure.

Notons simplement, pour mémoire, que Y émigration d'Espagne, qui à celle époque se porta vers Bordeaux, fournit à la directrice de Saint-Martial l'occasion de montrer tout ce qu'il y avait dans son cœur de noble et vraie charité. Telle fut l'étendue des secours, dont elle comprenait le besoin, qu'elle dut en

(1) Thren. iv, 4.

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