‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 30 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SOEUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SOEUR MISSIONNAIRE

bien séduisant pour de faibles femmes. Qui sait pourtant s'il n'alluma point dans quelques âmes les désirs d'un lointain apostolat? Personne, il est vrai, ne se douta qu'il y avait là un allèchement divin, le prélude d'un appel qu'allait bientôt faire entendre la voix de Dieu.

Mgr Prince parla avec émotion de la vénérable mère Rivier et ajouta que si ses filles pouvaient un jour faire du bien en Amérique, ce lui serait un grand bonheur. — N'y avait-il en ces mots qu'une parole de sympathie ou de simple courtoisie ? On put le croire. Rien, en effet, ne semblait rendre probable la réalisation d'un tel vœu.

Mais Dieu souvent commence ses œuvres par un incident sans éclat. C'est l'une de ses façons providentielles. Ce propos de Mgr Prince fut le point de départ des grands labeurs auxquels se préparait depuis longtemps notre sœur Saint-Maurice.

Suivons M§r Prince et traversons rapidement avec lui l'Océan. Il a repris son poste auprès de Mgr Bourget, évêque de Montréal. Mais une année ne s'est pas écoulée que les progrès de la foi catholique demandent que le trop vaste territoire du diocèse de Montréal soit divisé. Un nouveau siège est créé à Saint-Hyacinthe, de l'autre côté du fleuve Saint-Laurent ; et le premier évêque appelé à y monter est le

coadjuteur même de Montréal, Mgr Jean-Charles Prince.

Or, dans le nouveau bercail confié a la houlette de ce prélat était une paroisse, Sainte-Marie de Monnoir, où s'agitait depuis quelque temps une intéressante question d'école.

Il y avait plusieurs années que le respectable curé, M. Henri Liboire Girouard, homme plein de zèle et de charité, songeait a doter sa paroisse d'une maison d'éducation pour les jeunes filles. L'achat d'un immeuble, tout voisin de l'église, était chose faite. Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, dont la maison-mère est a Montréal, avaient accepté cette fondation ; elles n'attendaient plus que la fin de quelques constructions, s'ajoutant à la première, pour approprier les locaux a leur nouvelle destination. On en était là, quand la mort ayant soudainement frappé un certain nombre de ses membres, la Congrégation, faute de sujets, dut retirer sa parole.

C'est sur ces entrefaites que Rome érigea le diocèse de Saint-Hyacinthe. Dans la nouvelle organisation, M. Girouard fut remplacé par un nouveau curé qui fut en même temps vicaire général, messire Ed. Crevier, qu'il nous suffira, pour l'apprécier, de voir bientôt à l'œuvre.

Le couvent encore inachevé de M. Girouard devint

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