LIVRE IIe — LA SŒUR MISSIONNAIRE
la propriété de TEvôché. De son côté M. Crevier se fit donner la jouissance d'une maison d'école appartenant à la Fabrique, avec la pensée d'y rétablir les Sœurs et de faire du local, primitivement destiné à celles-ci, un collège ou un petit séminaire. Mais Mgr Prince n'accepta point ce plan. On laissa dans la maison de la Fabrique les écoles de garçons qui s'y trouvaient déjà installées ; et M. Crevier continua les appropriations que son prédécesseur avait commencées pour les religieuses.
Mais quelles religieuses aurait-on ? La était une grave difficulté. Les communautés canadiennes avaient fait tout ce qu'elles avaient pu. Nous disions tout à l'heure que la Congrégation de Notre-Dame avait été contrainte de se dégager de ses promesses. Mgr l'Evêque de Montréal, chez qui se trouvaient tous les noviciats, déclarait qu'avant trois ans il ne pourrait fournir des sœurs a Sainte-Marie.
C'est alors que Mgr Prince fit voir l'importance qu'il avait attachée a sa visite de 1851, à Bourg- Saint-Andéol ; et démontra que son désir, exprimé ce jour-lk, était des plus sérieux.
Sans hésiter, le voici qui se concerte avec M. Crevier pour faire appel à la Congrégation de la Présentation de Marie. Cette solution paraissait k l'ëminent évoque d'autant plus providentielle que le Bas-Ca-
nada n'avait aucune communauté-mère, aucun noviciat propre a former des institutrices. Les circonstances ne marquaient-elles pas les desseins de Dieu ? Amener de France, avec le prestige dont jouit au Canada tout ce qui est français, une colonie qui, sans se détacher de la souche natale, deviendrait une branche féconde appropriée aux besoins du pays : n'était-ce pas le meilleur parti à prendre ?
On l'adopta ; et Dieu bénit cette importante résolution.
La correspondance, par laquelle s'ouvrit cette œuvre, trouve ici sa place. On nous en voudrait d'en modifier un seul mot.
Voici d'abord la lettre que Msr Prince écrivit à Mgr Guibert, alors évoque de Viviers.
« Saint-Hyacinthe, 27 juin 1853,
« Monseigneur,
« Depuis que j'ai eu le bonheur de visiter Viviers, et de connaître quelques-unes des institutrices de votre diocèse, je n'ai pas perdu l'espoir d'obtenir un jour un établissement de vos excellentes sœurs en Canada ; cette espérance se fortifia davantage l'été dernier à mon passage a Paris, lorsque Votre Grandeur voulut, si les circonstances le permettaient, non