‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 32 sur 188 · LIVRE IIe — LA SOEUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe — LA SOEUR MISSIONNAIRE

seulement m'en promettre une petite colonie pour mon diocèse, mais encore joindre ses dons généreux à ceux de cette communauté pour subvenir aux frais de leur voyage. Je puis maintenant offrir à vos chères filles un logement et un terrain convenables : c'est une maison de 65 pieds de longueur, sur 50 pieds environ, avec dépendances et jardins, placée auprès de l'église paroissiale de Sainte-Marie de Monnoir, à 10 lieues de ma ville épiscopale, et où se trouve pour curé un de mes plus zélés grands vicaires, M. Crevier, qui est prêt à seconder l'œuvre de tout son pouvoir.

« La population toute catholique de ce chef-lieu est d'environ S. 000 âmes. Il y aura donc là un grand nombre d'enfants à instruire, et beaucoup de bien à faire.

« D'ailleurs, mon intention est de placer plus tard, peut-être même dès cet automne , la maison-mère à Saint-Hyacinthe, aussitôt que le couvent que j'ai en vue sera préparé, car je voudrais faire de leur pensionnat une école normale pour fournir des maîtresses d'école à tout mon diocèse. Il me faudrait donc deux bonnes institutrices, puis une maîtresse des novices, une supérieure de l'établissement, et même une cinquième sœur au besoin pour la couture et autres ouvrages du sexe. Quant à des filles de

service, il sera facile d'en trouver de bonnes sur les lieux.

« J'entre dans ces quelques détails, afin que Votre Grandeur puisse mieux aviser ses filles.

« Voila, Monseigneur, mon premier aperçu de l'œuvre que le Seigneur vous invite a fonder dans une partie de la Nouvelle-France, et il me semble que la divine Providence vous destine une part bien grande dans les mérites qui l'accompagneront.

« Pour se rendre au Canada, nos bonnes sœurs ont deux routes à choisir : celle du Havre a New- York par bateau à vapeur, et de New-York ou de Boston à Montréal par le chemin de fer ; de là elles se rendront a Sainte-Marie de Monnoir. L'autre route serait celle du Havre à Liverpool pour y prendre un des steamers océaniques qui font directement le voyage d'Angleterre au Canada, tous les mois, jusqu'à Québec et Montréal. Le prix de la traversée est d'environ 300 fr. par personne dans les secondes places.

« Au reste, je prie Votre Grandeur de vouloir bien m'honorer d'une réponse, aussitôt que la fondatrice sera choisie et décidée, afin que je puisse lui passer d'autres renseignements, s'il est nécessaire, avant que la chère colonie quitte la France. Je dési* rerais beaucoup que nos sœurs arrivassent ici vers la

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