LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE
« Viviers, 31 juillet 1853.
« Monseigneur,
« J'ai vu la Supérieure des Sœurs de la Présentation de Marie, et après nous être concertés, nous avons réglé que cinq religieuses et une converse partiraient dans la seconde quinzaine de septembre pour aller se mettre sous votre paternelle direction. J'espère que Votre Grandeur sera satisfaite de la bonne volonté de ces saintes filles. Les évêques dans nos contrées en sont fort contents. Si plus tard il faut augmenter la colonie, nous le ferons bien volontiers pour satisfaire les vœux d'un évêque si dévoué à l'Eglise, et qui a donné à celte communauté des marques si précieuses de sa sympathie.
« Pour moi, Monseigneur, je suis vraiment heureux de pouvoir faire quelque chose qui puisse être agréable à un collègue qui veut bien m'honorer de son affection, et dont les vertus m'inspirent une profonde estime'.
« La Communauté se charge bien volontiers de payer les frais de transport de la pieuse caravane jusqu'à Saint-Hyacinthe. C'est un sacrifice qu'elle fait de bon cœur.
« J'écrirai un de ces jours à M. le Président du
conseil général de la Propagation de la Foi, à Lyon, pour l'informer de l'importante fondation que fait Votre Grandeur, et pour l'engager à vous venir en aide, pour les frais d'un établissement qui sera si utile à la religion.
« Donnez-nous un peu de part, je vous prie, Monseigneur, aux mérites de vos bonnes œuvres et de vos saintes prières, et croyez aux sentiments de profond respect et de dévoûment affectueux avec lesquels je suis..., etc.
«f Joseph H.
« Evêque de Viviers. »
La fondation au Canada était donc chose résolue. Il fallait maintenant choisir les sœnrs qui devaient prendre la voie des missionnaires, pour aller au loin gagner des âmes à Jésus-Christ.
Or, la vénérée mère Arsène disait un jour à ses filles : « Nous ne sommes pas dignes de subir le « martyre ; mais si Dieu nous y appelait, j'espère « que, avec sa grâce, vous me verriez marcher à vo- « tre tête l. » Une communauté qui méritait d'entendre l'expression de tels sentiments ne pouvait être en retard quand il s'agissait d'affronter les pé-
(1) Vie de mère Arsène, p. xiij.