‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 37 sur 188 · LIVRE 11e. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE 11e. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

rils de l'apostolat. Aussi bien, à n'écouter que les désirs, l'on ne pouvait avoir que l'embarras du choix, pour former la colonie canadienne.

Mais les choses de Dieu ne se traitent point ainsi par les acclamations de l'enthousiasme. Pour régler une si grave question et ne désigner que des sujets capables de remplir saintement et fructueusement une semblable mission, on commença par où l'Eglise commence toujours, on se mit en prières.

Le choix de Dieu était fait. Celle qui en était le principal objet, sœur Saint-Maurice, se trouvait alors à Verdelais, où nous l'avons précédemment laissée. — Chose singulière et qu'elle raconta elle-même plus tard ! A la dernière retraite qu'elle fit dans cette maison , le prédicateur ayant invité chacune des sœurs à examiner ce que Dieu pourrait bien lui demander de plus pénible et à Lui en faire en esprit le sacrifice, sœur Saint-Maurice eut tout a coup la pensée que ce qui lui coûterait le plus ce serait d'être supérieure générale. Quelle idée ! Rien ne la justifiait à ses yeux. Toutefois, poursuivie par cette appréhension, elle s'en ouvrit avec simplicité au prédicateur. Celui-ci exigea qu'elle se soumît à la volonté divine pour le Généralat comme pour le reste. Mais cet acte de soumission, bien qu'il fût fait très généreusement, ne parut a la digne sœur aucunement

compromettant, ni bien méritoire, tant le danger redouté lui semblait imaginaire.

Si du reste il y avait eu la une ombre de tentation de vaine gloire, elle ne pouvait que s'évanouir devant la prochaine réalité. Rappelée, en effet, vers la fin du mois d'août à la maison-mère, sœur Saint- Maurice apprit qu'au lieu d'y demeurer elle en serait bientôt l'une des plus éloignées. — Elle était nommée directrice de la petite colonie qui allait partir pour le nouveau-monde. Telle était la sainte volonté de Dieu. Elle l'accueillit, comme toujours, par un fiât absolu.

Nous ne résistons pas au désir d'enregistrer ici les noms de celles qui furent désignées pour être les compagnes de sœur Saint-Maurice dans cette laborieuse mission. L'humilité religieuse les voudrait bien cacher ; mais l'histoire a des droits qu'il faut respecter. Nommons donc, sans crainte et pour la plus grande gloire de Dieu, sœur Marie Saint-Marc, qu devenait assistante de la directrice ; sœur Marie du Bon-Pasteur, appelée à être maîtresse des novices du futur noviciat ; sœur Marie Sainte-Clarisse et sœur Marie Saint-Guibert, qui seront maîtresses de classes ; et enfin la bonne sœur Marie Solange, du tiersordre, à qui sa qualité de converse attribuera le soin du ménage : ce qui ne sera pas le plus commode,

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