‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 60 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

glots étouffèrent sa voix. L'abandon était complet entre les mains de Marie. Sous son égide la mission du Canada était fondée.

On comprend de quel charme surnaturel tous ces détails embaumaient, malgré l'épreuve, les premiers jours de nos sœurs sur le sol de la * nouvelle France » * Sœur Saint-Maurice, dès le 24 du même mois, en disait la vive impression à sa supérieure générale. Pouvait-elle croire qu'un seul battement de son cœur fût selon Dieu, si elle n'en portait l'écho à la maisou-mère ? En même temps Monseigneur de Saint-Hyacinthe écrivait a la révérende mère Arsène la lettre suivante, dont l'importance ne peut échapper au lecteur :

« Saint-Hyacinthe, 25 novembre 1853.

« Très honorée Supérieure,

« Je les ai vues et bénies personnellement, vos bien-aimées filles, qui sont maintenant les miennes. J'ai eu la consolation de les trouver toutes bien portantes, et pleines de ce beau courage -qui convient à de véritables missionnaires. De nouveau je vous remercie de m'avoir donné de vos sœurs, et de m'en avoir donné de si bonnes.

« Acceptez aussi, très Révérende mère, pour vous et pour votre généreuse Communauté, mes remercîments les plus sincères pour la somme si considérable que vous avez fournie pour leurs frais de voyage et d'établissement en Canada. Je demande de tout mon cœur au bon S1 Joseph de rendre cette somme au centuple à Bourg-Saint-Andéol, et au quintuple a Saint-Hyacinthe.

« Maintenant, M. le Grand Vicaire et moi nous allons faire tout ce qui dépendra de nous pour procurer à vos chères filles ce qui est nécessaire pour le soutien et le développement de leurs œuvres en ce pays. Sans doute, vos bonnes sœurs auront encore bien des sacrifices à faire, bien des privations à endurer, surtout a cette époque de l'hiver ; mais j'espère que Dieu voudra bien les leur adoucir. Dans tous les cas, nous ne négligerons rien pour les leur diminuer et pour les aider a se sanctifier. Ce que je puis vous assurer dès aujourd'hui, Révérende Mère, c'est que vos filles sont vénérées et chéries ici de tous ceux qui les connaissent. Quant à moi, leurs règles et leurs œuvres vont si bien aux circonstances de mon diocèse que je remercie de plus en plus la divine Providence qui me les a envoyées. »

Dans cette lettre, Mgr Prince prévoyait des sacrifices. On avait commencé par là ; il en fallait encore ;

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