‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 62 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

(Irait être caché ! — Ajoutons que, cette année-là, il gelait encore au 15 juin ; et qu'une chaleur excessive succéda tout a coup à ces frimas.

Mais la miséricorde de Dieu n'accable jamais complètement sous le faix. Si nos sœurs eurent tant à supporter cet hiver, leur résignation suffit au Cœur du divin Maître.

Quand vint l'été, elles purent remercier Dieu de les avoir préservées du choléra, qui fit des ravages l autour d'elles sans entamer Sainte-Marie. La Très- Sainte-Vierge gardait ses filles et la cité qui lui était vouée.

A la même époque, le 25 août 1854, elles échappèrent encore, comme par miracle, à un terrible incendie, dont les éclats enflammés venaient tomber sur leur propre toit et jusque dans les dortoirs. — « Sainte Vierge, saint Joseph, sauvez votre maison, » murmuraient avec larmes les pauvres sœurs désolées. Et leur prière fut exaucée. — « D'ailleurs, écrivait sœur Saint-Maurice au sujet du choléra, nous sommes clouées à la colonne du bon plaisir de Dieu. Il fera de nous tout ce qu'il voudra. »

Posée sur ces bases solides de la foi, de l'épreuve et de l'amour divin, la mission des sœurs de la Pré-

(1.) Il y avait à Montréal jusqu'à 172 victimes par jour.

sentâtion au Canada ne pouvait pas ne pas attirer sur elle la bénédiction de Dieu. Mgr Prince fut le premier instrument visible de la bonne Providence. On a déjà vu quel intérêt il portait à la maison de Sainte-Marie. Chaque jour, son cœur d'évêque se dilatait davantage à la pensée du bien que pouvaient faire et qu'opéraient en réalité ces dévouées coadjutrices de son apostolat. Il avait fait siennes toutes les œuvres des filles de la vénérable mère Rivier.

Or ces œuvres, il faut maintenant les mieux faire connaître ; étudions-les de plus près.

L'éducation des jeunes filles, voila le principal but que Ton s'était proposé. Et nous n'oublions pas que, a l'arrivée des sœurs, le premier noyau des classes venait de se former. Il se développa rapidement.

<l Le nombre des élèves augmente, écrivait la supérieure a Mgr Prince dès le 28 décembre 1853. Nous en avons 27 à la première classe, et 25 a la seconde. » — Au mois de septembre 1 854, on comptait 36 pensionnaires, 23 demi-pensionnaires, 64 externes; et M. Crevier écrivait triomphalement a mère Arsène que les bâtiments n'y suffiraient bientôt plus.

Ce succès avait une double cause : les excellentes

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