‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 70 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

les nécessités locales ne demandassent quelques modifications aux saintes règles de l'Institut. L'équivoque 1 reposait sur le mot de « haute éducation » , employé dans une lettre. Au Canada, on l'entendait d'une éducation solide ; en France, on eut peur d'y voir une tendance à sortir des traditions de simplicité dont s'honore la Présentation. La révérende mère Arsène s'en ouvrit tout franchement à Mgr Prince. Celui-ci ne tarda pas à dissiper tout malentendu; et il écrivit à sœur Saint-Maurice :

« Une chose m'inquiète, c'est que la très révérende Supérieure Générale craint que je ne sois pas satisfait de votre enseignement et du genre d'éducation que comporte votre Institut. Hélas î mon Dieu, votre Institut est précisément celui que je voulais pour mon diocèse : instruction religieuse avant tout, puis éducation ordinaire et utile à toutes nos petites filles, suivant votre programme. Voilà ce qu'il nous faut. Rassurez donc promptement cette bonne mère et dites-lui que je me garderai bien de vous faire sortir de votre excellente spécialité. » 2

Dès l'origine, d'ailleurs, 3 Mg'" l'Evêque de Saint-

. (1) Lettre de sœur Saint- Maurice à Mgr Prince, 10 février 1854.

(2) Lettre du 8 février 1854.

(3) Lettre du 5 décembre 1853.

Hyacinthe avait dit à sœur Saint-Maurice : « Après « avoir lu votre sainte Règle, je pense qu'il n'y faut « rien changer, mais nous appliquer tous ensemble « à la bien observer. » — Et comme une personne influente engageait alors la supérieure de Sainte- Marie a diminuer le temps consacré à l'étude de la religion, celle-ci avait fait avec sa fermeté et son calme habituels cette simple réponse : « Le but prin- « cipal de notre vocation étant l'instruction reli- « gieuse, nous préférons retourner immédiatement « en France, plutôt que de ne pas accomplir ce « point de notre Règle. »

C'est une note qu'il faut ici soigneusement enregistrer à la gloire de la fondatrice et des premières sœurs de la mission du Canada. Dieu leur a fait cette grâce de comprendre que la fidélité à leurs saintes Constitutions était leur meilleure sauvegarde; et elles ont su le vouloir fortement et victorieusement, sans céder aux excuses d'éloignement, de climat, d'usages que le démon ne manque pas de produire en pareil cas. — « Nous désirons bien ardemment observer nos saintes règles, écrivait sœur Saint- Maurice a mère Arsène 1. Nous nous attacherons de plus en plus à la pratique des vertus qui font

(1) Lettre du 28 mars 1854.

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