‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 71 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

les vraies sœurs de la Présentation de Marie, »

Ces sentiments étaient en réalité ceux de toutes les sœurs. La ferveur avec laquelle elles firent, du 1er au 8 septembre 1854, leur première retraite en Canada, ne put que les raffermir davantage dans d'aussi précieuses dispositions.

Pour n'avoir pas l'air d'esquiver une difficulté apparente, disons de suite qu'il y eut pourtant lieu d'opérer une modification, n'entamant en rien d'ailleurs la substance des Constitutions, mais n'atteignant qu'une question de forme.

Le lecteur se rappelle que dans les rangs de la petite colonie partie de Bourg-Saint-Àndéol il y avait une converse, du tiers-ordre de la Sainte-Famille, la bonne sœur Marie-Solange. Chose singulière ! La distinction entre celle-ci et ses sœurs ne fut pas comprise. Sœur Saint-Maurice s'aperçut bien vite de cet obstacle, se dressant contre le recrutement qu'elle rêvait de bonnes sœurs converses, nécessaires au service de la maison. Mais elle espérait bien en triompher. M§r Prince, qui connaissait mieux son pays, n'avait pas la même confiance. Cependant on avait dû prendre des filles de service pour les soins du ménage ; c'était coûteux ; les vocations de sœurs converses ne venaient pas vite.

Un jour pourtant, au mois de juin 1854, une

jeune personne frappa à la porte du couvent de Sainte-Marie dans cette intention. Sœur Saint-Maurice en écrivit à Mgr Prince. Le prélat, tout en avouant qu'il penchait pour la « suppression des converses » , laissa cependant la supérieure libre de faire un essai.

L'essai fut tenté. Il ne réussit pas.

Que faire ? Fallait-il se résigner a n'avoir jamais de converses canadiennes et à laisser ainsi incomplète dans la Nouvelle France l'œuvre de la vénérable mère Rivier? Sagement , la maison-mère de Bourg-Saint-Andéol ne voulut pas souscrire à cette extrémité. Comme le fond ne peut être sacrifié à la forme, on adopta une très légère modification dans le costume des sœurs converses. La difficulté était tranchée. — Nous anticipons un peu pour le dire : la bonne sœur Marie-Solange rentrera en France en 1858 ; mais quatre ans après, le 19 janvier 1862, cinq canadiennes feront profession dans le tiersordre, qui sera désormais acclimaté au Canada.

Si, dès le début, sœur Saint-Maurice songeait à recruter des converses, c'est que ses efforts tendaient a perpétuer la Congrégation sur le sol nouveau où la Providence l'avait conduite.

Aussi bien peut-on dire que le noviciat s'ouvrit à Sainte-Marie le jour même où la Présentation s'y

Page 1