‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 85 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

ment ordonnée par Mgr Prince. Elle s'accomplit le 17 septembre suivant.

A cette date, il fallut se séparer ; ce ne fut pas sans émotion. La supérieure, l'assistante, la maîtresse des novices et quelques sœurs canadiennes quittaient Sainte-Marie ; les autres y restaient. Il y avait donc un déchirement à subir. L'âme aimante de sœur Saint-Maurice ne pouvait être que touchée au vif en s'éloignant du berceau de sa famille canadienne. Les adieux furent tristes, comme le sont toujours des adieux! Mais le sacrifice fut généreusement accepté. Avec cette entière possession d'elle-même que lui avait acquise l'habitude de voir Dieu en toutes choses, sœur Saint-Maurice sut avoir un sourire et un mot aimable pour tous. Elle remercia de nouveau avec toute l'effusion de son cœur reconnaissant le saint curé, dont la charité avait accueilli ses premiers pas au Canada. Et l'on se quitta. L'union restait dans le Cœur de Jésus, aux pieds de Marie.

Conduites par les marguilliers de Saint-Hugues, qui avaient voulu venir eux-mêmes les chercher, les sœurs arrivèrent sans encombre a leur nouvelle destination. Elles entrèrent aussitôt chez elles , car M. le Curé, ce jour-là même, fit cession de sa propriété « à la Communauté des sœurs de la Présen-

tation » li La maison ne leur fut pas seulement ouverte ; elle était, a peu de chose près, pourvue de tout le nécessaire, grâce aux soins de M. Archambault.

M. Archambault était le curé-archiprêtre de Saint- Hugues. Homme intelligent, dévoué et d'un jugement droit et sûr, prêtre modèle, absolument pénétré de l'esprit de son saint état, il était dévoré de zèle pour le bien ; le sacrifice lui était chose familière. Si ses paroissiens avaient pu l'ignorer jusquelà, ils l'eussent compris en le voyant, malgré une santé délicate, conduire lui-même les travaux du couvent et, le cas échéant, ne pas craindre d'y mettre la main.

Le lendemain de l'arrivée des sœurs a Saint- Hugues, c'est-a-dire le 18 septembre, Mgr Prince vint présider à l'inauguration du nouvel établissement. Il le fit avec la plus grande solennité au milieu d'un nombreux concours de prêtres et de fidèles. Pour que tout fût complet, en bénissant la maison et la chapelle, il bénit la cloche qui, pour l'obéissance, symboliserait la voix de Dieu ; et au fronton de l'édifice il installa l'image auguste de la Très-Sainte

(1) Sœur Saint-Maurice se chargea de payer une partie de ce qui était encore dû pour les constructions; ce que la Providence lui permit de faire bientôt.

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