LIVRE 11e. — LA SŒUR MISSIONNAIRE
la vénérable mère Rivier ; elle méritera des éloges dans les rapports adressés par la supérieure à la révérende mère Arsène ; Dieu la bénira. Admirablement installée, elle deviendra prospère et les œuvres y fleuriront.
Retournons à Saint -Hugues avec sœur Saint- Maurice.
Établie sur un champ plus vaste et plus favorable qu'à Sainte-Marie, la Communauté n'a rien eu pourtant a changer aux allures que nous lui connaissons déjà. Sous la direction pleine de tact de M. Archambault, son supérieur ecclésiastique et père spirituel, elle reste fidèle à ses habitudes de régularité et de simplicité, de charité et de zèle. Entrer ici dans des détails circonstanciés, ce serait tomber dans des redites ; nous devons éviter cet écueil, malgré l'attrait de certaines lettres et de nombreux documents.
Le pensionnat prit de suite son essor. Dès la première année, on eut 56 pensionnaires et 50 externes. Ce nombre s'accrut ensuite sensiblement ; et, ce qui vaut mieux que le nombre, le bon esprit de ce petit peuple ne laissa rien à désirer. Les moyens d'émulation ordinaires, les congrégations, retraites et fêtes entrèrent dans les coutumes de la maison et y obtinrent les meilleurs résultats.
Notons, a la louange de la supérieure et de. ses petites filles, cette parole d'une élève de cette époque : « La seule pensée de faire de la peine a la si « aimée et si vénérée sœur Saint-Maurice suffisait « pour engager les plus vives à réprimer les saillies « de leur caractère et pour exciter l'ardeur des plus « lâches. *
Le noviciat, dont les besoins avaient principalement motivé la translation a Saint-Hugues, y devint une pépinière féconde.
Dieu lui donna un puissant encouragement le jour où se fit la profession religieuse des premières sœurs canadiennes de la Présentation. Nous l'avons déjà indiqué incidemment, ce fut le 15 août 1856, date bénie et mémorable dans les annales de la Congrégation. Mgr Prince, dont la santé ébranlée venait d'être rétablie, voulut prêcher lui-même une retraite préparatoire de cinq jours. Il le fit à la façon des saints, en insistant beaucoup sur la vie intérieure; il le fit aussi avec son cœur de père, car il est difficile de dire combien et comment il fut toujours père, à l'égard des sœurs de la Présentation. Le jour de l'Assomption, Monseigneur voulut, par un sentiment de délicatesse admirable , faire célébrer la messe de la profession par M. le vicaire général Cre» vier, qui accourut de Sainte-Marie. C'est à l'église