‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 95 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

mère ! Non, je ne puis vous dire combien j'ai été peinée de ce contre-temps...; je vous avoue qu'il était si grand que si vous n'eussiez été en Savoie, j'aurais prié ma bonne sœur Marie de me permettre d'aller vous voir dès le lendemain... Mais, inutile de m'étendre sur la peine que j'éprouve de ne pouvoir encore vous embrasser, je sais que vous la partagez ; je connais la tendresse de votre cœur maternel, j'offre donc à Dieu cette privation qui n'est pas petite, pour obtenir la grâce de bien profiter des exemples de vertus que j'aurai sous les yeux pendant mon séjour k la bénite maison.

« Nos bonnes sœurs de la Savoie ne m'en voudront pas si je les prie de ne pas vous garder trop longtemps. Mon profond respect au digne M. Chaumontet, je ne l'ai point oublié auprès de Notre- Dame des Victoires et de Notre - Dame de Fourvières. »

Le séjour de sœur Saint-Maurice en France fut de trois mois. Elle employa ce temps, relativement court, non seulement k retremper son âme aux sources mêmes de sa vie religieuse, mais encore k quelques visites nécessaires et k des affaires utiles k son œuvre du Canada. On la tenait au courant d'ailleurs de tout ce qui se passait dans sa chère mission. Pour ne pas anticiper sur le chapitre suivant, contentons-

nous de dire que Mgr Prince de son côté demeurait « en union avec Bourg-Saint-Andéol, tout près du tombeau de la vénérable fondatrice, dont vous baiserez pour moi la pierre tumulaire, » écrivait-il à sa supérieure canadienne.

L'élection de la supérieure générale eut lieu le 1A août. La vénérée mère Arsène réélue dut s'incliner devant l'ordre de Dieu.

Après avoir accompli le devoir qui l'avait amenée à la maison-mère, sœur Saint-Maurice songeait à rejoindre son poste au plus tôt. On voulut au moins qu'elle prit part a la retraite générale commençant le 1er septembre. Environ six cents religieuses y assisrent. Et, dans ce commun effort des volontés vers Dieu, la supérieure du Canada puisa des forces nouvelles pour continuer vaillamment la sainte entreprise a laquelle étaient vouées toutes les énergies de sa haute intelligence et de son grand cœur.

C'est le 13 septembre qu'elle dut quitter de nouveau Bourg-Saint-Andéol. Elle y laissait la bonne sœur Solange: nous avons dit pourquoi. Mais, en retour, elle emmenait avec elle deux nouvelles compagnes.

Ce second voyage mérite d'être raconté.

Nous ne regretterons pas de nous attarder un peu a Paris, où les sœurs durent s'arrêter quelques jours.

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