VI. Cette faveur fut néanmoins encore différée ius
M. de ^ "^
Saint - vaiiier qu'a ce quo M. de Saint-Vallier et M. de Belmont,
et M. de ^ -^
Belmont s'étaiit adressés aux fermiers du domaine, ils
obtiennent
Fa^ remise^dcs ^'obtinrent enfin de la manière la plus obligeante lots et ventes. ^^^^ eux-mèiiies et pour les sœurs. La lettre du prélat est trop honorable à la Congrégation pour ne pas la rapporter ici : «J'ose prendre la liberté, « Messieurs, de vous demander la remise des « droits de lots et ventes qui vous sont dus par « les filles de la Congrégation séculière de Mont- « réal, qui ont fait l'achat d'ime troisième partie « de l'île Saint-Paul. Je n'exagérerai point , Mes- « sieurs, en vous assurant qu'un étabhssement « aussi nécessaire pour l'insiruction des filles que (( l'est celui des sœurs de la Congrégation dans « mon diocèse , a été fait comme par miracle « par une pauvre fille c{ui, avec une pièce de « trente sols, commença cette maison pour les « établir. Elles ont été longtemps sans aucmi
CATIIEUINI'; Cll.UlLY, 4' SUP. RÉÉLL'E, 1717. 2(i I
« revenu, vivaiii du travail de leurs mains, dans
« les villes et dans les missions où elles sont
« employées. Le revenu qu'elles ont fait par leur
« industrie est si peu de chose , pour le soutien
« de quatre-vingts sœurs, répandues dans mon
« diocèse, qu'en vérité vous auriez plus d'envie
« de leur donner cfue de leur demander . si vous
« les voyiez de près comme je le fais. Elles n'ont
« osé jusqu'ici vous en faire la demande , parce
« cpi' elles ont appréhendé d'écrire à des per-
« sonnes aussi puissantes c{ue vous l'êtes. Mais
« M. de Monseiernat (directeur de la ferme d'Oc-
« cident à Québec ) les pressant de payer , ce
« qu'elles ne sont pas en état de faire, je me
« joins à elles pour obtenir de vous cette grâce.
« Je la sollicite d'autant plus volontiers que je
« dois leur rendre cette justice de vous dire,
« Messieurs, que ces filles, qui sont très-pauvres
« et très-vertueuses, sont très-nécessaires dans
« un grand diocèse comme celui-ci, pour l'in-
« struction des personnes de leur sexe qu'elles
« donnent gratuitement. J'ose vous assurer que,
« par ce don cpie vous leur ferez , vous attirerez
« des grâces abondantes sur vos personnes et sur (^i) Archives
« vos familles ; et je prierai Notre Seigneur avec ^Itio» ^'lettre
M lerveur de vous en temr bon compte (Ij. » vniuer aux
fermiers du
Quoique la ferme du domaine fût alors dans ime domaine.
irès- mauvaise situation, des prières si vives et si touchantes eurent aussitôt leur effet. Les fermiers , dans leur réponse à M. de Belmont, du 1 0 juin 1717, l'assurèrent qu'ils avaient accordé cette grâce aux sœurs de la Congrégation pour contribuer au bien de la colonie, et pour montrer le cas cpi'ils faisaient des recommandations de iett)e de^feV- l'^vèque de Québec et des siennes propres ; Z'aineii^Lde qu' enfin ds ne demandaient d'autre indemnité fo/'wi/fnn." qu'une part aux prières des sœurs (1).