‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 116 sur 163 · IV. Étant donc dans cette maison , où elle ne trou · texte numérisé non relu

IV. Étant donc dans cette maison , où elle ne trou

La sœur

cona- ^ tion ^^^^ P^^ apparemment de quoi fournir un aliment

à^M^'de suffisant à un esprit aussi actif qu'était le sien, et

^quu'envoTe' sacliaut que M. de Saint -Vallier désirait de com-

contre l'avis' mencer au plus tôt l'établissement projeté deLouis-

de I3

Congrégation, bourg , elle s' offrit à lui pour y contribuer de ses services , et même pour aller en jeter les fondements. Le communauté de Villemarie la jugeait tout à fait impropre à cette œuvre; elle devait s'opposer à son projet, comme elle le fit d'abord. Mais la sœur s'insinua si bien dans l'esprit de l'évêque , que celui-ci. nonobstant l'opposition de toute la Congrégation, et quoiqu'il n'y eût à Louisbourg ni maison pour recevoir des maîtresses d'écoles, ni fonds pour les y faire subsister, donna lui-même à la sœur de la Conception toutes les permissions nécessaires pour aller comnL^DosqleL mencer cet établissement (1). Au rapport de Vp Morrjuer'itl MM. de Saint -Ovicle et de Mésy, il la choisit

Leroy, dite , ,

de la Concep- même de prelerence a toutes les autres sœurs

tion, au ministre, du 23 de la communauté , comme la plus capable de

de'cemb. 1732,

't"'^- faire réussir ce dessein (2). S'il porta d'elle un

(2) Archives , . ^ . .

de la marine; tel iusTeuient. il faut couveuir OU il la connaissait

lettre du-ii dé- J o i

cembre 1732. j^^gj-^ pg^^ Q^p \^ gQg^iP (jg 1^ Couceptiou, quoique très-propre à l'instruction , n'avait aucune intelligence pour la conduite des affaires temporelles : qualité qui était cependant tout à fait indispen-

MARGl'ElUTE TrOTTIKft , 5* SLTÉRIFA III: , 1727. 3IT

sable dans la fondation d'un nouvel établissement; elle avait même ruiné par sa mauvaise économie toutes les missions on elle avait été emnlovée iustiue alors (1). Quoi qu'il en soit, elle (i) ibid. ; fut désignée par ce prélat pour aller commen- J^osquct. cer celle de Louisbourg. Comme évècpie diocésain . M. de Saint -Yallier avait sans doute le pouvoir de l'y envoyer, malgré Topposition delà supérieure et celle de toute la communauté. Car, bien que l'ordre naturel demande que les sujets d'un institut reçoivent leur mission immédiatement de leurs supérieures particulières, on ne peut nier que les supérieurs majeurs n'aient le droit de s'écarter quelquefois des règles établies. Mais il semble que . d'après l'esprit de l'Église et celui d'une sage administration, ils ne doivent user de ce droit que lorscju'il y aurait de graves inconvénients à suivre les règles communes ; et qu'un des plus dignes emplois de l'autorité épiscopale est de maintenir la subordination dans les communautés qui sont de son ressort. En envoyant donc ainsi la sœur de la Conception à Louisbourg, M. de Saint -Yallier sembla oublier ce principe conservateur de Tordre, et donner atteinte aux liens de dépendance qui doivent tenir unis à la supérieure de la Congrégation, comme au chef immédiat et naturel,

La sœur

de la

Conception

donne commencement à la mission

de Louisbourg.

(i) Archives de la mm'iiie ; lettre de MM.

de Saint-Ovide et de Mésy au ministre^ du 1 5 de'cem/ire

tous les membres du corps qu'elle est chargée de gouverner. Aussi les sœurs de cet institut regardèrent-elles , dès ce moment , comme séparée et désimie d'avec elles, la sœur de la Conception; et quoi qu'elle pût faire pour emmener à l'Ile Royale des coopératrices qui la secondassent dans ce nouvel établissement . personne parmi ses sœurs ne voulut se joindre à elle ; en sorte qu'elle se vit contrainte de s'associer deux filles étrangères au corps de la Congrégation.

Elle partit donc de Québec , munie des instructions que lui donna M. de Saint-Vallier. En l'envoyant ainsi, il écrivait à M. de Saint -Ovide, qu'elle allait pour connaître sur les lieux l'état des choses , et juger de l'opportunité de l'œuvre qu'on proposait d'établir (1). Mais il parait que la pensée ultérieure de ce prélat et celle de M. de Saint-Ovide, était de la commencer aussitôt, afin d'obliger plus aisément ensuite la cour à la soutenir ; et que les deux aides que la sœur conduisait , ne lui avaient été associées que pour ce dessein. La sœur de la Conception étant arrivée à Louisbourg au mois de mai 1727, M. de Saint- 0\ide et M. de Mésy écrivirent en effet au ministre, cjue cette fille étant venue par l'ordre de l'évêque . pour juger de la nécessité d'un établissement de la Congrégation dans celte colonie,

MAUGUERITE TROTTIER , Ti» SUPÉRIErRi: . 17:27. 3lo

ils l'avaient retenue sur les vives instances des colons , afin qu'elle y passât l'hiver et qu'elle pût donner quelque instruction aux filles du pays, dépourvues jusque-là de toute espèce de ressource. Elle commença aussitôt à en recevoir pour les élever , et au mois de décemljre de la même année elle avait déjà vingt-deux pensionnaires. Dès qu'on eut appris dans les ports circonvoisins que les sœurs de la Congrégation étaient établies à Louisbourg (car on regardait res trois filles comme faisant partie de l'institut), on écrivit de divers endroits c{u'au printemps suivant on leur adresserait de nouvelles pensionnaires : ce qui engagea M. de Saint -Ovide et M. de Mésy à demander au ministre cpielcpie gra- yiM.deScdnttification en faveur de cet établissement (1). ibid.

L'année précédente 1726 avait été fort désastreuse pour les citoyens de Louisbourg. Ils s'atiendaient à recevoir du roi quelque indemnité ; et dans l'espérance de fixer les sœurs de la Congré- L-ation dans le pays . ils consentirent à leur abandonner tout ce qui pourrait leur être accordé de secours. « La triste situation oii se trouvent les « habitants, écrivaient iM. de Saint -Ovide et « M. de Mésy au ministre, ne leur permet pas « de faire les dépenses nécessaires pour loger la « sœur de la Conception et pourvoir à son en-

1 Ibiri.

Le roi assure

1,500 livres

de pension

aux sœurs

de la

Congrégation

de Louisbourg.

(2) Gallin Christinnn , t.

VII, col. 1038.

(3llbid.,col.

(4^, Archives de In marine :

dé pèches de 1759, fol. .^49, etr.

(3) Ibid.; lettre de la sœur de la Con"pptionMu 23 décembre 1732.— Lettre de MM. de Saint-Ovide et de Mésy, du 22 décemb. 1732.

« tretien et à celui des deux sœurs qu'elle a « amenées avec elle ; mais ils nous ont paru dis- « posés à céder ce qu'il aurait plu au roi leur « accorder. Nous croyons que 8,000 francs sert raient suffisanls pour acquérir en partie une « maison , et donner à cet établissement des fon- « déments solides. Nous pouvons vous assurer, « Monseigneur, qu'il est très-utile et nécessaire « pour l'éducation d'une infinité d'enfants, qui « n'en ont aucune dans ce pays (1). w

Mais la sœur de la Conception était à peine établie, que M. de Saint -Vallier mourut à Québec, le 26 décembre de cette même année 1727 (2). Depuis près de c^uatorze ans, le Père de Mornay, auparavant gardien des Capucins deMeudon, qui lui avait été donné pour coadjuteur (3), avait toujours refusé de passer en Canada , malgré les pressantes sollicitations de la cour. Ayant appris en 1 728 la mort de son prédécesseur , il prit possession de son siège par procureur , et fut ainsi reconnu troisième évéque de Québec (4). La sœur de la Conception lui écrivit aussitôt pour lui donner connaissance de la mission qu'elle avait reçue de M. de Saint -Vallier, et M. cle Mornay lui ordonna de continuer ses fonctions à l'ile Royale (o). Vers le même temps , le roi, charmé d'apprendre par M. de Saint -Ovide et M. de

MARGUERITE TROTTIEH , 5* SUPÉRIEURE, 1729. 317

Mésy les heureux fruits de l'établissement naissant de la Congrégation à Louishourg, et voulant en procurer ralïermissement, assigna pour Tentrelien de trois sœurs qui y seraient employées, une pension annuelle de 1,500 livres, 1729. en ordonnant qu'elle serait prise sur celle de 3,000, accordée depuis plus de dix ans aux frères hospitaliers de Villemarie, et ({ui fut alors supprimée. « Sa Majesté n'avait accordé aux frères « 3,000 hvres chaque année, écrivait le minis- « tre, que dans la vue de procurer l'instruction « nécessaire aux enfants des habitants des pa- « roisses , et à condition que ces frères entretien- « draient un nombre de maîtres d'écoles pour « cet effet. Il parait qu ils y ont mal satisfait, ou « que, s'ils en ont envoyé dans les paroisses, ils H les y ont rendus inutiles en les laissant man- « quer des choses nécessaires à la vie. Cette con- « duite et l'inutilité de ces maîtres d'écoles ont « déterminé Sa Majesté à retrancher ce fonds à w l'hôpital général. Sa Majesté est bien aise de '( vous informer en même temps qu'elle a des- ^j/ev/^^J"'"^; « tiné la moitié de ce fonds à l'entretien des ^Ju^^TTTni « filles de la Congrégation à l'île Royale, où \ms^d'''Hoc- « elles sont très-nécessaires pour l'instruction a""/// p. 433. « des jeunes filles de la colonie ({). » "^'if-

•^ ^ ' La sœur

Cette fondation, qui assurait l'avenir de Téta- conceotiou

(1) Archives

318 HISTOIRE DE LA CONGRÉGATION. — CH. Xtl.

deman(i(î blissement de Louisboiirsr, était destinée à l'en-

nn vain '-'

^'^^deTa"'^^ tretien de trois sœurs de la Congrégation qui en Congrégation, ^^p^ient la Conduite. La sœur de la Conception ne pouvait donc remplir les intentions du roi sans recevoir de Villemarie d'autres sœurs pour l'aider , puisque les deux filles qu'elle avait amenées de Canada avec elle n'appartenaient pas à cet institut. D'ailleurs . le nombre de ses élèves devint en peu de temps si considérable , qu'elle se vit dans l'impuissance de suffire à tout , quelque activité qu'elle déployât, et quelque soulagement qu'elle reçût de ses compagnes. Elle

(1) ibid. ; écrivit donc pour demander qu'on lui envoyât

lettre de la , . ,

sœur de M quelaues sœurs de la CousTeorationfl) 1 et MM. de

Conception. du ^ A c o v /7

23 décembre Saiut-Ovide et de Mésy firent aussi de leur côté

(2) Ibid. ; et réitérèrent plusieurs fois la même demande (2).

lettre dulldé- ^

cemhre 1732. Néanmoins . malgré toutes ces instances, la sœur de la Conception ne reçut point le renfort qu'elle sollicitait; ou plutôt, le coadjuteur que M. de Mornay envoya en Canada en 1729, pour admiiett)e de^^ïa uistrer le diocèse, écrivit à la sœur de quitter Conception, l'établissemeut de Louisbourg, et de repasser en Canada (3), comme nous le dirons bientôt.

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