VI. M. Le Loutre ajoutait : « Le paiement de la
obtiennent „ Stratification que la cour leur a accordée, n'est
enfan ^ ^ '
sècoufr " P^^ ^^^^ encore. » Les sœurs n'avaient en effet rien reçu. Une violation si affectée et si persévérante des ordres du ministre peut justement faire soupçomier la probité de ceux qui avaient été chargés de leur faire parvenir ces secours. « J'ap- « prends , écrivait M. de Maurepas à M. Bigot , « que les sœurs de la Congrégation de l'ile K Royale , n'ont point été payées de leur grati-
ANNE TniBIERGE, 8* SUrÉRIEORE , 1748. 3G7
a fication , quoique le fonds en ait été remis à
« Hochefort , et que j'aie envoyé les ordres né-
« cessaires dans ce port , pour les leur faire tou-
« cher. Je vous prie de me rendre compte de ce
« qui s'est passé sur cet article (1). » Enfin, on [i] Archives
. 1 T de (a marine;
se résolut à donner aux sœurs la modicme somme dépèches de
/ ^ , lHl,leltredu
de 1,040 livres, sur celle de plus de 5,000 qui smai.M.oi. leur était due, de la rente annuelle de 1 ,500 livres que le roi leur avait assignée pour leur subsistance , et qu'elles n'avaient pas reçue depuis près de quatre ans. Heureusement, elles touchèrent deux années de la rente de M. de Forant, qui suppUfjùe^del leur produisirent 3,200 livres ; et au moyen de ce f^io's' Vépensecours, elles purent suffire à leurs besoins (2). 24«omM745. Le 18 octobre 1 748 , la paix fut conclue entre i748.
la France et l'Angleterre , par le traité d'Aix-la- paix entre la
France et
Chapelle: et l'île Royale devant passer de nou- l'Angleterre;
^ ^ -^ ^ les sœurs
veau en la possession des Français , les sœurs se retournent
^ " à Louisbourg.
virent alors au terme de leur exil. Mais la perspective du dénùment où elles allaient se trouver réduites à Louisbourg, si le gouvernement les renvoyait dans cette colonie, diminua de beaucoup leur joie. L'évéque de Québec, M. de Pontbriant , désirait beaucoup qu'elles y retournassent. « Les raisons qui vous ont porté à « établir à Louisbourg les sœurs de la Congré- « gation, écrivait -il au ministre, me persua-
« dent que vous y renverrez celles qui sont à La
a Rochelle; et comme elles ont tout perdu, je
« crois qu'elles auraient besoin en France de
« quelque secours pour porter le nécessaire à
(1) Archives « Louisbourg (1 ). » Ce secours leur était en effet
de In mnrine:
pl\u£nni'''^ indispensable, ainsi qu'elles-mêmes l'écrivaient fre nîs"^'" '* ^^' ^^ Maurepas. a Les religieuses de la Gon-
c( grégation de Notre-Dame, ci-devant établies à
« Louisbourg, lui disaient - elles , prennent la
« liberté de vous représenter qu'il ne leur reste
« actuellement que 155 livres, ce qui les met
u hors d'état de faire aucun préparatif pour leur
« retour dans cette ville, si vous jugez à propos
« de les y renvoyer. Dans cette supposition.
« Monseigneur, elles vous supplient de consi-
« dérer : 1" qu'elles sont dépourvues de tout ;
« 2° que leur maison a été détruite pendant le
« siège, qu'il convient par conséquent de la ré-
« tablir ; que d'ailleurs elle est trop petite pour
« contenir les pensionnaires et les externes ;
« 3" cju'elles auraient besoin de rations pour six
« sœurs religieuses, et pour deux fdles domes-
« tiques dont elles ne peuvent se passer. 4° Elles
c< prennent encore la liberté de Vous représenter
« que sur la gratification annuelle de 1,500 lice vres que le roi leur donne , il leur est dû
u 0.460 livres, qu'elles vous supplient de leur
ANNE THIBIERGE, 8' SUPÉRIEURE, 1749. 369
« l'aire payer, pour les aider ù acheter les mcu- « blés et les ustensiles nécessaires afin de pou- M voir se rétablir dans leur maison. 5° Enfin, dans
« le cas oïl vous jugerez à propos de les renvoyer (i ) Archives
« h Louisbourff, elles osent espérer crue vous mémoire joint
^ y ^ ^ a la lettre de
« voudrez bien leur accorder leur passage sur un fiil^^l^fi ^l
« vaisseau du roi (1). » \^^^'^''''''^"''
Le passage leur fut accordé en effet ; mais on 1749. répondit que la gratification annuelle dont elles jouissaient autrefois ne serait rétablie que
quand elles auraient repris leurs fonctions à l'île (2) ibid. ;
de'pe'ches de
Royale (2). En attendant, on leur fit donner une 1749, lettre à
•^ ^ ^ M. de l'Ile-
somme de 600 livres destinée à leurs préparatifs ^'^'V f'" 21
^ '- avrtl.
de voyage (3); et il fut réglé cju'à Louisbourg {^ Archives
du séminaire
on leur payerait comme autrefois leur traitement , de SointSui-
pice de Paris:
et qu'on rétablirait aussi celui des Récollets et '•e^'^'';^^ Con-
'- gregation de
celui des rebgieux de la Charité qu'on y ren- /Jf/"Jf5e/«f«voyait pareillement pour y reprendre leurs fonc- ^T'septemh-e lions (4). M. Des Herbiers, sfouverneur de l'île ,,^. ,.
^ ' ' o [k] Archives
Royale, et M. Prévost, ordonnateur de la marine, fépéches''''de
reçurent ordre de se mettre en mer, avec une ^'^*®''^^^-^-