MARG. DE LANGLOISERIE, 9° SUP. RÉÉLUE
« courir. Au surplus, la sœur Saint- Vincent est « disposée à vous obéir, et ù faire tout ce que H vous lui prescrirez ; mais je ne pense pas qu'il « soit de vos intérêts de la rappeler, du moins « sitôt. Je vous en dirai les raisons par la suite ; « et je vous prie d'être bien persuadée , comme « vous le verrez plus tard, que je ne cherche « uniquement c[u'à servir vos intérêts et à pro- « curer le bien et l'avantage de votre maison. « Je ne vous demande pour toute récompense « c{u'une part dans vos saintes et ferventes « prières et dans celles de votre communauté, c< c{ue j'assure comme vous en particulier de la « plus sincère vénération (1). » Mais la mort de (i) Archives
. . . . -., f . de ia Congré-
la sœur Samt-Vmcent, crui arriva 1 année sui- gation: lettre
^ de M. de l'ile-
vante, mit M. l'abbé de File-Dieu dans la triste i^^eu. du 23
' avril 1765.
nécessité d'expHc|uer enfin à la supérieure de la Congrégation de Villemarie le secret qu'il avait jugé à propos de garder jusque alors.
« Je ne croyais pas être obligé, lui mandait-il ,xi.
Éloge
« le 9 du mois de iuin, de vous écrire sitôt après ties sœurs « le départ de votre nouvel évêqiie (M. Briand), •?*
« qui s'est embarqué sur la Tamise, le 6 du « mois dernier, pour se rendre à Québec ; et je • « pensais encore moins être forcé de le faire « pour un si triste sujet. C'est à regret et avec « une vraie peine que je vous apprends que II. 26
« votre chère petite communauté de Louisbourg « ne subsiste plus, puisque Dieu vient de dis- « poser de la sœur Saint-Vincent , la dernière qui « restait. Ainsi, voilà deux bonnes et excellentes « religieuses que vous perdez en peu de temps. « Je les regrette au-dessus de tout ce que je pour- « rais vous dire : m' ayant donné l'une et l'autre « toute la satisfaction , le contentement et l'édi- « fication que j'en pouvais attendre, par la con- « duite qu'elles ont tenue jusqu'à leur dernier « moment, dans la communauté où elles s'étaient « retirées , et dont elles ont emporté avec elles « l'estime, la vénération et les regrets. Il me « serait difficile de leur refuser à l'une et à l'autre « la justice qui est due à la parfaite somnission « et à l'entière déférence qu'elles m'ont toujours « marquées : n'ayant jamais cessé un moment « de me regarder comme leur supérieur, et de « suivre exactement les vues et les conseils des « personnes que je leur avais désignées succes- « sivement pour leur conduite spirituelle. Je « n'ai pas moins éprouvé la déférence de ces « deux chères et respectables filles , pour ce qui « regardait leur petit temporel , dont elles n'ont « jamais disposé que de mon aveu et avec ma « participation.
^ ^'^- « Comme il s'aerit non -seulement de vous
Epargnes °
MARG. DE LANGLOISERIE , 9" SUP. UÉÉLUE, 1765. 403
« annoncer la mort de la dernière , mais de vous faites
par les sœurs
<( rendre compte de l'administration des petits /r"'',"'' *^^
^ Jr Robicheaux,
« fonds qu'elles avaient , je vous dirai , de vous ^"deTa*^^
« à moi, qu'elles s'étaient fait un petit pécule, °L?sceur°"
« venant de leurs épargnes. Dès qu'elles m'en
« eurent fait l'aveu, je leur conseillai de garder
« là-dessus le secret : cette somme pouvant servir
« à faire quelque petit établissement, si la Pro-
« vidence en fournissait l'occasion; ou à s'en
« retourner dans leur maison de profession, si
« elles venaient à trouver les moyens et la faci-
« lité d'y repasser. Elles ont donc gardé ce petit
« pécule , jusqu'au temps où la sœur Saint- Vin-
« cent m'a fait passer 6,000 livres , que j'ai pla-
« cées sur les états de Bretagne , dès le mois de
« janvier 1765, sur le pied de 300 livres de
« rente , sans aucune retenue , pour la jouis-
« sance en appartenir à la petite communauté de
« Louisbourg, et au décès de la dernière reli-
<( gieuse survivante , la propriété en appartenir
« à la communauté des religieuses de la Gongré-
« gation de Montréal , chef-lieu de cet institut en
« Canada. La chère petite et respectable com-
« munauté de Louisbourg est donc entièrement
« éteinte, mais il reste à votre charge une bonne
« et vertueuse fille , la sœur Geneviève , qui était
« et qui a toujours été sur le pied de converse
(1) Archii'es de la Congréyation, ibid.
OU de sœur-donnée dans cette communauté : en sorte que les chères sœurs Saint-Arsène et Saint -Vincent Pont emmenée avec elles en France, et n'ont jamais voulu l'abandonner. Pour les aider à la faire subsister, je lui avais obtenu la même gratification de 250 livres. Si cette chère sœur veut entrer dans une communauté religieuse , je ferai mon possible pour la seconder ; car je ne vois pas qu il soit possible de la faire passer en Canada. Elle a de l'esprit et de la piété ; elle lit et écrit fort bien ; elle peut être reçue sœur converse , ou religieuse de chœur. Il est vrai cju'il faudra une petite somme pour les frais de sa vêture et de sa profession; mais n'en soyez pas inquiète , j'y pourvoirai. Je crois, ou du moins j'ose me flatter, que vous vous en rapporterez à moi dans tous les petits arrangements qu'il y aura à faire sur cela , et c^ue vous ne douterez jamais de mon zèle pour vos intérêts , ni de la très-sincère vénération que je vous porterai toujours en Notre-Seigneur, et dans l'union de sa divine charité (1). »
JOSEniE MAUGUE, 11 « SUPÉRIEURE, 1766. 405