MAISON DE LA CONGRÉGATION RECONSTRUITE
Pour procurer aux srarcons l'instruction erra- ^■
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tuite , et pour les former dès le bas âge à la oufbiier piété et à la vertu, le séminaire de Saint -Sul- congrégation pice, dès les premiers temps de son établisse- des^écoiS ment dans la colonie, avait fourni une suite de de viiiemarie. maîtres d'école, tirés de son propre corps. Vers la fin du xviif siècle, la ville commençant à s'étendre au loin, et l'ancienne école du séminaire ne se trouvant pas à la proximité de cette partie de la population plus éloignée, M. Roux, en 1796, en ouvrit une nouvelle aux enfants du faubourg Saint-Laurent, dont il donna la conduite à un maitre laïque. Plus tard, il établit d'autres écoles à Bon -Secours, aux faubourgs Saint -Laurent, Saint -Antoine et Sainte -Marie (ou de Québec), aux Récollets, au faubourg Saint- ()) Af«««- Joseph; et dans toutes ces écoles, à l'exception Jfcgues Vï-
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de celle dite du Séminaire, on recevait les enfants igf^pJUts^Jl des deux sexes (1). x\I. Quiblier, successeur de rliZedeMotd- M. Roux dans la supériorité du séminaire, réalisa Im-çm^"^ ^
enfin le projet qu'il avait formé de bâtir dans les fauliourgs des écoles spéciales pour les garçons et d'autres pour les filles, et offrit la conduite de ces dernières aux sœurs de la Congrégation. Elles acceptèrent avec zèle et reconnaissance une proposition si conforme à leur attrait et à la fin de leur institut , et ouvrirent successivement un grand nombre de classes : trois au faubourg Saint- Laurent ; six classes au faubourg de Québec . dont deux pour les Irlandaises ; trois classes au faubourg Saint -Antoine; trois autres au faubourg Saint-Joseph; deux classes aux Récollets pour les Irlandaises. Le séminaire, à qui appartiennent ces diverses maisons d'école , se chargea de les meubler, de les chauffer et de les entretenir , comme aussi de faire conduire en voiture les sœurs missionnaires dans leurs écoles respectives le matin et de les ramener le soir à leur communauté. Environ quinze cents enfants sont instruites et élevées gratuitement dans toutes ces écoles ; en outre , les sœurs de la Congrégation ont trois {\) Mémoire établissements dans leur propre maison : le pensurla^^con- siounat, qui se compose de six classes ; la grande œksdes'fau- école , qui a trois classes, et la petite école,
bourgs de Vil- ,
lemarie. qm en a deux (Ij.
Il- M. Quiblier, non content d'offrir ainsi à toutes
des^frères" les petites filles le bienfait de l'instruction gra-
MARIE- CATliEKINE irUOT, 17' SUPÉRIEURE. 479
tuite, voulut piocurer encore le même avantage fies écoles
^ '^ chrétiennes
aiLx garçons de Villemarie. M. Cliaron avait formé ^ ^'"priiarie. autrefois le projet, comme il a été dit, d'y établir une communauté de maîtres ; et ce dessein n'ayant pas réussi , le supérieur général des écoles de la doctrine chrétienne envoya en M 'il deux de ses frères dans cette ville , pour examiner sur les lieux s'il n'y aurait pas moyen de le réaliser. Mais la Providence en réservait l'exécution à M. Quiblier, pour le bien de Villemarie et pour l'avantage de l'Amérique du Nord. Le 7 novembre 1837 , cent ans après la première apparition des frères des écoles chrétiennes dans cette -vdlle, arrivèrent, sur la demande de M. Quibher, d'abord quatre frères : le frère Aidant, directeur, et les frères Albertus, Euverte et Rombaut, et bientôt plusieurs autres (l). M. Quiblier fit (i) Munuconstruire pour l'usage des vingt - cinq frères , JacouesViger. entretenus aux frais du séminaire de Saint-Sulpice , des bâtiments spacieux et des maisons d'école , où près de dix-huit cents enfants reçoivent gratuitement le bienfait de l'instruction. Enfin, dans les vastes bâtiments qu'ils occupent, les frères ont établi un noviciat de leur institut ; et Dieu a béni si visiblement cette œuvre , qu'elle a été déjà la source de divers établissements d'écoles de la doctrine chrétienne dans le Canada
et dans plusieurs des principales villes des États- Unis (*).
(*j L'honorable M. Jacques Viger, premier maire de Villemarie, aussi avanlageusemenl connu pour son dévouement à sa pairie que pour ses doctes recherches sur l'histoire du pays, rend cet hommage à M. Quiblier dans un Précis historique qu'il a composé sur les petites écoles de la paroisse de Montréal pour les garçons : « C'est k cet estimable supérieur « du séminaire de Montréal, dont l'administration était déjà « marquée par un grand nombre d'actes de bienfaisance, « d'amélioration et d'utilité publique, que cette ville doit une « de ses plus belles institutions. Sous sa supériorité, le coi- « lége a vu s'opérer dans son sein des réformes importantes , « pour l'amélioration de son système d'études et de son ad- « minislratiou ; et l'enseignement primaire, pour les deux « sexes, a été propagé dans la paroisse avec une rapidité tt jusque alors inconnue. Non content d'avoir établi aux frais a de sa maison des écoles dans tous les quartiers de la ville, « il voulut faire partager à Villemarie les avantages de l'ena seignement des frères des écoles chrétiennes, de ces pré- « cieux instituteurs que l'Europe entière admire , et dont « toutes les grandes villes de l'ancien monde sollicitent le « secours. Il acheta pour 4,500 louis un terrain qu'il destinait « pour ces frères, et leur construisit une maison d'école élé- « gante et spacieuse, qui coûta 5,000 louis. Quand MM. du « séminaire n'auraient d'autre droit à la reconnaissance pu- « blique que d'avoir constamment déployé un zèle si généreux « pour l'éducation, on devrait éternellement les bénir; et si « M. Quiblier n'avait pour titre de gloire que d'avoir surpassé « ses prédécesseurs sous ce rapport, ce titre serait encore « assez beau. . . Tels sont, entre autres bienfaits de la maison de * Saint-Sulpice à Montréal, ceux qu'elle n'a cessé de prodiguer « pour le progrès de l'éducation, dans une ville dont elle peut « être nommée à bon droit la fondatrice et la mère. »
MARIE-CATIIERIXE HUOT , il" SUPÉKTEt'KE. 481
Le moiivemeni que M. Qiiiblier imprimait à m.
rinstruction publique devait se faire ressentir ^ '^'^ i*
'■ ^ Congrégation
aussi aux pensionnais de la Con^réijation. La consentent
i ~ o à enseigner
seconde année de sa supériorité, les sœurs de '^à"iS"^ Villemarie se \'irent en effet dans la nécessité i'^"^'^""*^''^'*d'ajouter l'enseignement de la musique aux autres branches de l'instruction qu'elles avaient données jusque alors à leurs élèves. Quoique cet art d'agrément soit hautement autorisé dans l'Écriture , et que plusieurs saints , entre antres saint Charles Borromée. s'en soient très-utilement servis pour aider les fidèles à s'élever à Dieu ; quoiqu'il soit d'ailleurs suffisamment justifié par la praticpje des plus saintes communautés , et même par la coutume de l'Eglise : les sœurs avaient constamment refusé de l'introduire dans leur enseignement, à cause des abus qui pouvaient en naître pour leurs élèves , et qui sont en effet plus à craindre dans cette sorte d'exercice. Il résultait cependant de ce refus un autre inconvénient très-réel. Par le changement survenu dans les habitudes canadiennes , cet art d'agrément étant regardé comme indispensable aux jeunes personnes destinées à vi^Te dans le monde, plusieurs parents, après que leurs enfants avaient terminé leur éducation à la Congrégation, les confiaient à des maîtresses séculières, pour II. 31
les y exercer; d'où il arrivait que, se livrant à l'étude de la musicpie, elles étaient exposées à perdre insensiblement l'amour de la piété, qui avait été jusque alors la base de leur éducation. Quelques parents, affligés de se voir dans cette nécessité, s'adressèrent enfin en 1834 à M. Signay, évêque de Québec, car Villemarie était encore alors de ce diocèse, pour le prier de fléchir lui-même par son autorité la rigueur des sœurs de la Congrégation , puisqu'elle pouvait devenir si funeste à la piété de leurs enfants. Ce prélat fut touché des inconvénients qu'ils lui signalèrent, et écrivit aussitôt à la supérieure pour la déterminer à introduire l'enseignement de la musique dans le pensionnat de Villemarie. Peu après on fit aussi la même demande pour d'autres maisons de la Congrégation ; et depuis ce temps cet art (i) Mémoire d'asrrément a fait partie de l'enseignement que
particulier " ^ ^ ±
*;i ation^^^' ^®^ sœurs donnent à leurs pensionnaires (1).