V. Elles n'y eurent d'abord pour tout logement
^roeriS'^^^ quo trois petites chambres , qui n'en méritaient
de la mission . , , , ,
de Kingston, pas même le nom , situées dans le haut d une maison faisant face au marché , occupée par plusieurs familles, et où se tenait d'ailleurs le conseil de ville du pays. Ce lieu, qui leur rappelait si bien la pauvre étable où la sœur Bourgeoys avait commencé ses écoles à Villemarie, fut le
FRANÇOISE HLOT, 18* SUPÉRIEURE, i8i2. 48o
berceau de la mission de Kingston ; et pour imiter plus parfaitement leur sainte fondatrice, les deux missionnaires voulurent y ouvrir leurs classes le jour de Sainte-Catherine . à pareil jour où elle avait commencé les siennes en 1657. Dans ce pauvre réduit elles eurent à souffrir tout ce qu'on peut imaginer de privations, de gène, d'incommodités , étant de plus exposées à mi bruit prescjue continuel , et ayant même couru le risque d'être \'ictimes d'une émeute, qui s'était portée à la salle du conseil de ville. Au commencement elles se bornèrent à recevoir quelques pensionnaires ; car ce lieu était trop peu spacieux pour y ouvrir une école externe. Elles le quittèrent cependant au mois de juin 1842, et allèrent se i842. loger dans une autre maison où demeurait un ministre presbytérien ; et là elles commencèrent des classes externes, dans un grenier que M. Prince . aujourd'hui évêque de Saint-Hyacinthe , leur fit disposer à ses frais. Pour suffire à ce surcroît de travail . la communauté envoya une troisième sœur; et celle-ci s' étant associée une pieuse demoiselle . on ouvrit des écoles gratuites externes, à la grande satisfaction de tout le pays. Enfin, l'année 1846, les sœurs prirent possession de l'ancienne maison épiscopale , que leur avait léguée M. M*". DoneU, et y transférèrent leur pen-
■i86 HISTOIRE DE LA CONGRÉGATION. — CH. XXII.
sioimat. Tout auprès se trouve l'école pour les externes , avec laquelle elles communiquent par un chemin couvert. Une chapelle intérieure leur procure Finestimable avantage d'assister tous les paltifulièr jours au saint sacrifice de la Messe sans sortir de gntion ;'^">mt ^^^r maisou , et d'y posséder le très-saint Sacre-
sion de Kinns- . / ,\
ton. -^ ment('l).
, VI. La mission de Kingston commençait à peine ,
Mgr Boiirget " ■> ir i
aiinonce lorsque Mousei^eur Tévéque de Yillemarie
sa visite à la ^ o i
^"^"parÇn '^^ adressa aux sœurs de la Congrégation un mandemanderaent. jj^gjj^ p^^p jg^p annoncer sa première visite pastorale. Cet écrit leur est trop honorable pour n'en pas rapporter ici quelques fragments. « Depuis « que nous connaissons votre institut , leur dit « ce prélat , et que nous sommes à même d'ap- « précier les avantages qu'en retirent la religion « et l'éducation en ce pays , nous lui avons tou- « jours porté l'intérêt le plus vif. L'œuvre sidjlime « que vous a confiée la divine Providence, et que « vous remplissez avec tant de zèle , nous est « tellement chère , que nous ne cessons de bénir « le Seigneur . de ce qu'il lui a plu de choisir « cette ville pour en être le berceau. La régu- « larité cpii, grâce à Dieu , a toujours régné dans « votre communauté, prouve que vous n'avez « pas été infidèles à la vocation de Dieu, qui « vous a établies à \'illemarie pour honorer son
FRANÇOISE IIl'OT, 1 8« SUPÉRIEURE, 1842. i87
« auguste mère et imiter ses vertus. Les succès « toujours croissants qu'obtiennent vos travaux, « en donnant l'éducation aux personnes de votre « sexe , montrent aussi que le Seigneur est avec « vous, pour vous assister dans cette pénible « fonction. Aussi faites-vous notre gloire, comme « l'un des plus beaux ornements de notre diocèse. « Tant que nous n'avons pas été chargé spé- « cialement de la conduite de vos âmes , nous « nous sommes contenté d'admirer dans le « secret de notre cœur les fruits des bonnes « œuvres que vous produisez pour la gloire de « Dieu et pour la sanctification de vos élèves. « Mais depuis que le Seigneur , sans avoir égard « à notre indignité . nous a appelé au gouverne- « ment de ce diocèse , nous nous sommes senti « pressé par la charité de Jésus - Christ . et a nous avons désiré ardemment de nous mettre « en rapport avec vous , afin de pouvoir prendre « ensemble des mesures plus efficaces pour ré- « paridre davantage sur les fidèles confiés à nos « soins les bienfaits d'une bonne éducation. « En nous transportant au milieu de vous , nous « avons intention de nous délasser nous -même « des fatigues de nos innombrables occupations, « par le spectacle de la ferveur qui vous anime « dans la pratique de vos saintes observances.
« Nous désirons vous voir, pour nous consoler « mutuelleinent les uns les autres , par la foi qui
(i) tint. S. (( nous est commune (1). Nous apprendrons par
Paul aux Rom. ^ ' ^^ ^
ch.i,v. 11-12. „ là à mieux connaître et apprécier Texcellence « de votre vocation et la sublimité de l'œuvre « dont vous a chargées la divine Providence; « et quoique nous ne regardions pas cette visite « comme nécessaire , nous avons jugé qu'elle n vous serait d'un très-grand secours pour vous f( maintenir dans votre régularité , et pour vous « animer à pratiquer fidèlement les vertus de {•2) Archives « votrc véuérable fondatrice, évidemment sus-
ffe la Congre- •li j t\ i i i •
galion; man- « Citée uc UiEU pour VOUS tracer le plan de vie
dément du 27
mars\%k% « que VOUS devez mener (2). ))