IX. « Enfin on nous demande pourquoi nous ai
de la « nions mieux être filles de paroisse que d'être
Congrég-ation
doivent être « en notrc particulier, où nous n'aurions pas les de paroisse. ^^ mêmes privations qu'il faut avoir à la paroisse ,
« et pourquoi nous espérons d'être toujours con-
« duites par les séminaires.
« Voici la réponse : La sainte Vierge a agréé
« qu'il y eut à Montréal un séminaire qui serait
HT'" PARTIE. — CIIAriTUE HT. 15
« SOUS sa protection. L'église de la paroisse nous « représente le cénacle où la sainte Vierge a pré- « sidé , et les séminaires nous représentent le •< collège des apôtres. Ils tâchent de les imiter « pour étendre et fortifier le christianisme , pour ce faire connaître Dieu et détruire le péché dans « tous les lieux oîi ils peuvent s'étabhr. Tous les « apôtres ont perdu la vie dans ces emplois , ce « qui n'empêche pas le zèle des séminaires d'y « consacrer leur force et même leur vie. Pour ho- « norer donc la vie de la sainte Vierge , nous « devons être filles de paroisse , être gouvernées « par les séminaires , avoir une place à l'église <( paroissiale pour y conduire les écolières, et « assister nous-mêmes aux grand' m esses , aux 'c vêpres et aux saints , y communier quelquefois. {i)Ecritsau-
tographes de
« Enfin les derniers sacrements nous doivent être ^^ •*'*'"■ s^"'-
geoys. — Lel-
« administrés par l'ordre de la paroisse , et c'est ^'^/rîowraw (c là que nous devons avoir notre sépulture (1).» ^595 ^"""'^^ Telles étaient les lumières que la sagesse di- x.
Projet d'unir
vine avait données à la sœur Boursreoys sur l'es- les sœurs
° -^ de la
prit , les pratiques et les emplois de son insti- ^^"^ns^itu*?" iiit, et qui furent pleinement justifiées par l'ex- ursuUnes. périence , au grand avantage de la colonie. Si cette sage fondatrice, ainsi qu'il a été dit, regardait les commandements de Dieu comme les premiers statuts de sa communauté, et l'Evau-
gile comme ses constitutions, ce n'est pas qu'elle jugeât inutile de lui donner des règles particulières pour y conserver l'esprit primitif; mais elle était convaincue que la Congrégation, appelée à retracer , par ses œuvres de zèle , la vie de la très-sainte Vierge après l'Ascension du Sauveur, ne pouvait adopter les règlements des instituts religieux , tous voués à des fins différentes de la sienne , et d'ailleurs astreints à garder la clôture , qu'elle jugeait incompatible avec les fonctions de son institut. Nous avons raconté déjà les tentatives que l'on avait faites plusieurs fois pour établir à Villemarie les Ursulines de Québec. Selon toutes les apparences , ce projet aurait été mis à exécution, si M. Dollier de Gasson n'eût représenté à M. de Saint-Vallier que deux communautés , vouées à l'instruction des jeunes filles , ne pourraient y trouver assez de matière à leur zèle. Les Ursulines , qui déjà y avaient choisi un local convenable à leur dessein , comprirent ellesmêmes que leur projet était en effet impraticable, et M. de Saint-Vallier, de son côté, en sentit aussi tous les inconvénients. Comme cependant elles désiraient toujours d'avoir à Villemarie une maison de leur ordre, elles firent proposer plusieurs fois, et proposèrent elles-mêmes aux sœurs de la Congrégation , d'embrasser la règle
m* PARTIE. — CUAPITRE III.
des L'rsulines, pour ne former plus entre elles (|u'un seul institut (1) (*).
M. de Saint-Vallier désirait beaucoup aussi cette fusion, et il lit tout ce qu'il put pour y amener la sœur Bourgeoys et ses filles. « C'est « à quoi nous avons toujours déclaré à Monsei- « gneur ne pouvoir consentir, écrivaient ces « dernières en 1694, attendu que nous n'avions M pas fait dessein , en nous mettant à la Gongré- « gation, d'embrasser la vie religieuse , dont les
{\) Archive-'i (le la Congré- (jntion: — Remontrances fies sœurs au sujet (les régies.