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VIE DE LA SŒUR BOURftEOYS.
(i) Remon- ^^ Ursiiliries foiit professioii (1). » Si ce prélat montrait tant de zèle à procurer l'union des deux communautés en une seule , c'était pour éteindre avec honneur la Congrégation , dont le genre de vie lui paraissait trop extraordinaire dans des filles pour que leur institut put se maintenir , et être longtemps utile à ses diocésains. En vue de préparer les voies à cette fusion , il leur avait proposé plusieurs fois d'adopter la clôture, et comme elles y témoignaient toutes une entière
(1) Avcinves de la Congrégation; lettre de la sœur à M.
Remy,du 11 novembre 16"79.
les sorlies de leurs pensionnaires; et sur les raisons qu'elles lui donnèrent de cette suppression, elle résolut d'en user de même; ce qu'elle fit en eflet après son retour en Canada. Avant de s'embarquer pour la France, elle en écrivit en ces termes à M. Heniy : « Les L'rsulines de Québec trouvent que les sorlies en ville causent bien de la perle de temps et donnent lieu à des entretiens, à des rapports qui nuisent à l'instruction de leurs pensionnaires. Elles ont pris le parti de supprimer ces sorties, et ont résisté pour cela jusqu'à M. le comte (de Frontenac), qui voulait faire sortir une fille dont il paie la pension, pour qu'elle allai voir mademoiselle de Décancourt, sa tante, qui était a Québec. Enfin leurs pensionnaires ne sortent plus; et on le trouve bon, quoiqu'au commencement ces religieuses aient eu bien de la peine. Quand il survient quelque occasion fort pressante de faire sortir quelques pensionnaires, elles envoient en demander la permission au père Bécliefer, leur supérieur. Je crois que ce serait fort bien d'en user de même. Je vais en faire dire un petit mot a ma sœur Elisabeth; et quand la chose n'aurait pas son elTet dès a présent, cela disposera les esprits k son entière exécution a l'arrivée des règles (1). »
m* PARTIE. — CHAPITRE lîl.
opposition, il les assurait que tôt ou tard elles y seraient contraintes par nécessité. Dans le même dessein , il voulut les obliger à exiger des filles qui demandaient à entrer dans la Congrégation , une dot, qu'il portait jusqu'à 2,000 livres. Cette mesure excita bien des murmures contre elles à Villemarie et ailleurs, dans la croyance oii chacun était qu'elles l'avaient elles-mêmes sollicitée de leur évéque, quoiqu'elles en fussent toutes trèsaflligées, surtout la sœur Bourgeoys, qui la regardait avec raison comme une cause de ruine pour son institut (I).
La suppression de la maison de la Providence fut encore pour elles l'occasion de nouvelles épreuves de la part de M. de Saint-Vallier. Cette œuvre paroissiale, que des circonstances particulières avaient fait naître , était établie , comme on l'a vu, pour apprendre à travailler à des filles pauvres, et n'était soutenue que par les efTorts de la charité. Jusque alors les sœurs de la Congrégation en avaient eu la conduite, mais son objet n'entrait pas assez dans les fonctions propres de leur institut , entièrement voué à l'instruction et à l'éducation des enfants , pour qu'elles dussent la continuer d'une manière fixe et perpétuelle , surtout lorsque le séminaire cessa de contribuer à son entretien. Car après le rappel
(I) Remontrances, ibid.
Siippression de l'œuvre
delà Providence.
Je M. de Lacolombière et de M. Bailly en France, à l'occasion des visions prétendues de la sœur Tardy, ainsi qu'on l'a raconté au chapitre précédent, M. Tronson fut d'avis cpi'on supprimât l'établissement de la Providence. Considérant que M. Charon donnait naissance à une communauté d'Hospitaliers, et que d'autres en formaient une d'Ermites pour les écoles, il craignit cpie celle des filles de la Providence ne donnât lieu à de nouveaux troubles , et ne renouvelât les anciennes divisions. « Je ne serais nullement u d'avis, écrivait-il, de faire tant de nouveaux « établissements. Mes vues seraient de mettre les « filles de la Providence à la Congrégation , ou à '( l'hôpital général de Québec, pour ne point trop
(1) Lettres (( iiuiltiplier les communautés (1). » C'était le
du mois fie
"lui^ fe'vrfer parti cpi'ou se proposait de prendre, lorsque M. de iTVon'pr^/l Saint-Vallier, très-porté à former de nouveaux Sarïï'egï '* étabhssements, exprima le désir de conserver la Providence ; et comme le séminaire ne devait plus y contribuer de ses aumônes , ce prélat voulut obliger les sœurs de la Congrégation à en faire tous les frais. Elles lid représentèrent avec respect l'impuissance où elles étaient de suffire à cette dépense, à cause des grandes charges qu'elles avaient déjà. Il insista néanmoins; et, quoi qu'elles pussent lui dire, il ne laissa pas
iir r.vRTiK. — ciiArniîK m. 21
d'insister encore (1). Lu sœur Bonry-eovs, i)ar nii ' \^ archives effel de sa srrande confiance en Diel', aurait vo- ''«'«^j^, ««-
o ' montrances
lontiers continué cette bonne œuvre (2), si ses ''X/'X^ïsœurs étaient entrées dans les mêmes vues. >{ais ''',T,'j, ,
(2) Ecrits au-
la chose ayant été mise en délibération , toutes '/asœur%ourfurent d'avis de la refuser, comme étant d'une ^^^^*" dépense très -onéreuse, à laquelle leur communauté ne pourrait absolument suffire. On fit donc connaître au prélat le résultat de la délibération.
M. de Saint -Vallier, dont tous les actes ne ,^^4-
' M. de
furent pas toujours accompagnés de la modéra- ^^'"assez"^''*''^ lion c|ue plusieurs auraient désirée dans sa con- "^disposé" duite (3), se montra très- sensible à ce refus. de la
.^ , . c 1 > 1 • Congrégation.
Dans la première émotion , cédant a la prompti- ^g^ Mémoire tude de son naturel, il se laissa aller jusqu'à )«/,' 'par m.
■. ,,. 1. 1 • de La Tour. —
menacer les sœurs d interdire leur pensionnat, Archives de
la marine ,
de les interdire elles-mêmes de leurs fonctions. Mémoire sur
l'état^ présent
et leur donna môme à entendre qu'il pourrait deiÉaiisedu
^ ^ Canada.
les empêcher de recevoir aucune prétendante , ce qui était leur dire en d'autres termes qu'il fivait le pouvoir de supprimer leur communauté. Bien plus, contre le sentiment de toutes les sœurs , il tenta de retirer de la Congrégation l'une des plus anciennes, pour la mettre à la tête de la maison de la Providence , en déclarant à cette sœur qu'elle n'aurait plus à l'avenir aucune dépendance de la communauté , et ne rece-
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vrait des ordres que de lui seul. Ce fut aussi ce qu'il déclara à une autre , quoiqu'elle témoignât une extrême répugnance à prendre ce parti. Les sœurs de la Congrégation furent aussi étonnées qu'affligées de s'entendre faire de pareilles me-
(1) Archives J- >-^ a
delà Congre- naccs (1) ; mais enfin M. de Saint -Vallier, après
gahon , Re- ^ ^ '-
d^slœursZu ^^ P^^^ mùres réflexions, abandonna son projet sujet es re- ^^ laissa Supprimer cette maison.