XIV. Toutes ces fâcheuses circonstances firent assez
La sœur
Bourgeoys comprendre à la sœur Bourgeoys qu'elle ne devait
de com^oseï attendre que de Dieu seul la conservation de sa
''pou?ia'^ communauté. Étant déjà fort avancée en âge, et
ongr ga ion. y^yj^j^i^ ^^^ jg^ Congrégation n'avait pu obtenir
encore de l'autorité épiscopale un corps de règles, elle craignait qu'on ne la réunît aux Ursulines , ou que du moins , en lui donnant des règlements après sa mort , on n'en changeât le but et l'esprit. Mais dans les dispositions où était M. de Saint- Vallier à Tégard de la Congrégation , elle ne pouvait s'adresser à lui pour des règles. Comme cependant elle désirait beaucoup de voir mettre la dernière main à celles que les sœurs avaient observées jusque alors par manière d'essai , elle eut recours à M. de Yalens , en qui elle avait une entière confiance, et le pria de se charger lui-même de ce travail. Par une trop grande défiance de ses propres lumières, M. de
m" TARTIE. — CHAPITKK III. 23
Valeiis s'en exiusa d'a])ord. Ce refus déterminH la sœur Bourgeoys à s'adresser à M. Tronson , bien assurée qu'il approuverait son dessein , et qu'un mot de lui sufBrait pour vaincre les résistances que l'humilité de M. de Valens opposait à sa prière. M. Tronson lui répondit en effet l'année suivante, 1094 : « J'ai une estime si particulière « de votre Congrégation, ma très-chère sœur, '( que je ferai volontiers tout ce qui pourra dé- « pendre de moi pour la mettre dans l'état que <c vous désirez. Vous avez très-grande raison de « vouloir lui donner des règles fixes; mais je ne « sais si M. de Valens pourra se résoudre à « les dresser, car il s'en croit très -incapable , (c et il me témoigne pour cela une très-grande '< répugnance. Cependant, comme je vois bien « que c'est une bonne œuvre, je lui mande de « faire ce que JM. Dollier lui conseillera, et j'é- « cris en même temps à M. Dollier, que s'il le « croit propre pour ce travail, je consens volon- « tiers qu'il s'y applique, .le serais bien aise qu'il « puisse y réussir , et contribuer à perfectionner « votre œuvre (1). » M. Tronson avait déjà écrit dans le même sens à M. de Valens : « La sœur « Bourgeoys, lui disait- il . me témoigne un « grand désir que vous travailliez à ses règles. « Comme sa Congrégation fait de grands biens ,
« et t[u'on ne peut rien faire de plus utile pour c( l'affermir que de lui donner de bons règle-
(1) Lettres ^^ meuts , ïe serais bien aise que vous puissiez y
^694^^ '"'"'' « travailler (1).))