‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 42 sur 163 · PARTIE. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE. — CHAPITRE IV

On ne saurait méconnaître la sagesse de la con- ^ vii.

" Ces peines

duite divine sur la Congrégation , dans les peines boÙ^Ss mêmes dont elle voulut que la sœur Bourgeoys tr/s-ùuies fût éprouvée , sur la lin de sa longue carrière. '^"de^Ta Le dépouillement extérieur dans lequel elle avait formé ses premières compagnes, surpassait les forces communes, et ne pouvait, par conséquent , persévérer à ce degré parmi les sœurs. Dieu voulut donc leur mettre sous les yeux cette persévérance ferme et constante de la fondatrice dans la voie étroite, et cet état de peines continuelles causées par les justes tempéraments que le soin de leur santé demandait, afin de leur apprendre à ne s'accorder que ceux qui leur seraient absolument indispensables , sans préjudice toutefois du dépouillement intérieur nécessaire à tous les chrétiens . « iVIon expérience m'ap- « prend , écrivait la sœur Bourgeoys , qu'on « prend avec facilité les aises du corps ; la na- « ture se les accorde quelquefois avec quelques « petits scrupules , qui se passent en un mo- « ment, spécialement quand nous sommes invi- « tées à nous donner les commodités par condes- « cendance à autrui , ou par quelques paroles qui « nous flattent et qu'on nous dit pour nous y en- « gager. Mais après avoir été cjuelque temps dans « cette vie molle et relâchée , lorsqu'il s'agit de

« retourner à \aipetite vie , à la vie étroite , il faut

. « de grands efforts. Alors notre ennemi ne

« manque point à venir au secours de noire

ce pauvre nature , qui ne dit jamais : c'est assez;

« et ensuite la nature en vient elle-même à des

tographes "'le « reclierclies souvent nuisibles , trouvant aisé-

la sœur Bon I- . • t n ^ • ^ ^ / \

geoys. « ment nécessaire ce qui la llatte et Im plaît (1). »

Il convenait que la sœur Bourgeoys , suscitée pour donner naissance à la Congrégation, pût servir à jamais de modèle de ferveur à toutes ses filles. Aussi la sagesse de Dieu voulut qu'en acceptant avec une entière soumission d'esprit et de cœur toutes les mitigations raisonnables, que la nécessité avait obligé d'apporter à la règle primitive, et que M. de Saint- Vallier avait autorisées par ses nouveaux règlements, cette digne fondatrice ne laissât pas de persévérer jusqu'à la fin de ses jours dans son premier genre de vie. Rien n'eût été en effet plus pernicieux à la Congrégation , qu'une conduite différente de la part de la sœur Bourgeoys. Elle eût introduit comme infailliblement le relâchement dans l'institut , en faisant considérer comme la mesure exacte de la perfection des sœurs, ce qui n'était qu'une pure condescendance à la faiblesse humaine. Enfin les peines si vives c{u'elle endura dans l'état d'épreuves dont nous parlons, étaient sans doute

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