‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 43 sur 163 · PARTIE. — CHAPITRE TV · texte numérisé non relu

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ordonnées de Dieu, pour qu'elle obtînt, par ses mérites et par sa ferveur , à toutes les sœurs de la Congrégation , la grâce de garder inviolablement le dépouillement intérieur , et de ne jamais excéder dans les petits adoucissements , c[ue leur faiblesse et l'assujettissement à leurs pénibles emplois , rendent nécessaires.

Un autre effet que Dieu voulait en retirer, tant , ^'i'!-

j- Los peines

pour l'édification de l'Église que pour le bien de coùroSoys la Congrégation , ce fut d'obliger la sœur Bour- à"meu?e geoys, par ces épreuves, à mettre par écrit toutes écrit ses vues

pur la

les circonstances admirables de sa vocation en perfection

(le

Canada , et les lumières qu'elle avait reçues de son institut.

lui sur l'excellence, la perfection et l'esprit de

son institut. «Depuis longtemps, écrit -elle, il

i( me semblait que Notre -Seigneur demandait

« quelque chose de cette communauté; mais la

« nuit du 3 au 4 juillet 1697 , je me suis sentie

« pressée par une très-forte pensée qui me vint

c( à l'esprit , et il me semblait qu'on me faisait

u connaître qu'il fallait que je fusse le Jonas de

« la Congrégation , pour avertir cette maison de

« ses manquements, au risque d'être jetée dans

« la mer. Me sentant donc extraordinairement

« pressée , je m'ofiTris de tout mou cœur pour

« faire la volonté de Dieu, et j'en fus louée. Je

c( me contentai alors de me proposer de demander

« avis sur ce que je devais faire ; mais la nuit du c( 5 au 6 octobre, cette pensée me revint aussi « violemment que la première fois. Alors je me u déterminai à faire ce C[ue je pourrais pour cor- " respondre fidèlement par la suite. Je m'en once vris à M. Caille, notre supérieur, et à M. de « Valens , et ils me dirent de parler de ces choses « à notre supérieure. Je lui fis un billet de ce « que je voyais pour lors. Enfin, quelques jours « après, j'ai été fort pressée par la cramte d'être « infidèle , et je me suis résolue , de l'avis de ces « Messieurs , de marquer par écrit ce qui me « semble nécessaire. Je me suis donc servie de « ma plume, dans l'espérance qu'en faisant mon « possible , la miséricorde de Dieu me délivrera « du châtiment que mon peu de fidélité méri- « lait, après avoir tant de fois réitéré la pro- « messe d'embrasser la volonté de Dieu, au {ï) Écrits au- a moindre siffue cfuc j'en pourrais connaître (1).

tographes de ... .

la sœur Boin- « Q^ jjie dit ciue je suis bien heureuse de n'avoir

geoys. ^ >J

« à rendre compte à Dieu que de moi ; on en « jugera quand j'aurai dit mes raisons. » IX. Après ce préambule, la sœur Bourgeoys com-

Les peines de ^ -^ <^ ^

la sœur mence par raconter en détail les grâces dont

Bourgeovs i "

àmettfrpar ^^'^^L' l'^vait prévenue dès son enfance, pour cirœnsta^nces l'appeler à la perfection ; toutes les circonstances merveuienses de sa vocatiou pour le Canada 5 la manière dont

de sa vie.

m" PARTIE. — CIIAriTRE IV. 6")

elle conniif M. de Maisonneuve ; son premier voyage à Paris cl de là à Montréal ; le commencement de ses écoles ; son second voyage en France , et la bénédiction que Dieu répandit sur toutes les démarches qu'elle fit pour s'associer ses premières compagnes; la manière dont elle vivait à Yillemarie ; son troisième voyage en France : en un mot , elle raconte presque tout ce fjue nous avons rapporté d'elle dans cet ouvrage, lf»rscpie nous avons cité ses propres écrits. Ainsi, un fruit précieux de ses rudes épreuves fut de nous procurer , sans qu'elle y songeât , sa vie écrite par elle-même à l'âge de 78 ans ; vie dont nous aurions ignoré les merveilles , si Dieu n'eût mis son cœur comme sous le pressoir, par les peines dont nous parlons. Car ce furent ces peines qui , malgré sa grande répugnance à parler d'elle-même, la tirent s.^ résoudre enfin à être, comme elle le dit , le Jonas do la Congrégation , en révélant tout ce que Dieu avait fait jusque alors en sa faveur pour la rendre un instrument digne d'exécuter ses desseins, et l'élever à une perfection éminente. Lorsqu'elle était ainsi occupée à écrire, elle fit , en 1 698 , les exercices de la retraite spirituelle ; et ce qui montre de plus en plus la pureté des motifs qui la dirigeaient dans ce travail , elle se proposa pour l'une des fins de cette retraite , 11. 5

« de tâcher de découvrir, dit- elle, s'il n'y a

« point d'autre intention qui me fait parler, que

« la pure gloire de Dieu. Je prie sa bonté de me

« le faire connaître par c{ui il lui plaira , de la

/'i'ifïf '(/ê " nianière et dans le temps qu'il ordonnera , k

yeoys!'^""" « qu oi je me soumets de tout mon cœur (l). »

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