III* PARTIE. — CHAPITRE V
se réunir à lui. Ce fut dans ces sentiments qu'elle reçut les derniers sacrements , et c|u'enfm le douzième jour, étant tombée le matin dans une douce agonie qui dura trois heures, et ayant les mains modestement croisées sur sa poitrine, elle rendit paisiblement son âme à son ,,, „ Créateur, le 12 janvier 1700, la 47'' année ^""^"i/ff ■ depuis son arrivée à Villemarie , et de son âge ^de'ia\nêmA
la 80^(1). L<, p. 80-81.
Elle n'eut pas plutôt rendu le dernier soupir, m-
•^ •* ^ Obsèques
c[ue son visage , jusque alors extraordinairement ^^
altéré par l'excès des soufTrances de cette der- ^ourgeoys. nière maladie , et par ses austérités habituelles , brilla tout à coup d'un éclat qu'on prit avec raison pour une marque de la gloire dont son âme jouissait déjà dans le ciel. Ce fut à cette occasion que la sœur Charly , alors parfaitement rétablie, prit, par vénération pour la sœur Bourgeoys , et par reconnaissance pour elle , le nom de sœur du Saint- Sacrement , que la défunte avait porté. Dès que le bruit de cette mort se répandit dans le public , on accourut de toutes parts à la Congrégation, Le corps avait été exposé dans l'église des sœurs ; on y vit un très-grand concours de personnes de toute condition de la ville et de la campagne. Chacun témoignait le plus vif empressement pour avoir des reliques
d'une défunte si justement vénérée , ou quelque
chose qui lui eût appartenu , ou au moins pour
faire toucher à son corps des médailles , des cha-
(1) Vie de P^^^ts , OU d'aufres semblables objets de dévo-
L'inhumation de ce saint corps donna lieu à une pieuse contestation entre la Congrégation et le séminaire. C'était à qui aurait le dépôt d'une si précieuse dépouille. Les sœurs désiraient avec raison que le corps de leur sainte fondatrice reposât au milieu d'elles dans leur église ; mais comme les sœurs de la Congrégation sont filles de paroisse , M. Dollier de Casson , qui , en sa cjualité de grand-vicaire du diocèse , et de supérieur du séminaire , devait s'intéresser aussi à l'avantage et à la gloire de la paroisse de Villemarie , partagea le différend , en ordonnant que le corps serait enterré dans l'église paroissiale , et que le cœur serait placé dans l'église de la Congrégation. En conséquence le lendemain, 13 janvier, les obsèques furent célébrées à la paroisse. Il y eut un concours dont on n'avait point vu jusc{ue alors d'exemple à Villemarie, tant pour l'affluence des fidèles , que pour les sentiments d'estime et de vénération qu'ils témoignaient tous à l'égard de la défunte. M. le chevalier de Callière , gouverneur général du Canada , M. de