‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 67 sur 163 · III. Ce désir si ardent de souffrir pour sa commu · texte numérisé non relu

III. Ce désir si ardent de souffrir pour sa commu

Austérités , , . ^

affreuses que nauté , uo se temima pas dans la sœur Barbier a

la . ^

sœur Barbier ^q simples protestations ou à des sentiments sté-

SUR LA SfEUR MARIE BARBIER. H9

riles. Il lui fit embrasser, dès qu'elle fut élue pratique

i pour attirer

supérieure, des mortifications effrayantes, dont fieoS^sur le récit devrait passer pour incroyable , s'il n'avait congrégation, été attesté par des témoins oculaires tout à fait cbgnes de foi. L'une de ses pratic|ues ordinaires était de prendre la discipline presque tous les jours, pendant une demi-heure, quelquefois pendant une heure entière. Elle se servait pour cela d'un fouet de cordes , armé de crochets de fer , qui la mettaient tout en sang ; en sorte que souvent , sentant ses forces épuisées par la violence excessive de la douleur, elle se voyait sur le point de tomber en faiblesse. Non contente de ces cruelles rigueurs, elle portait continuellement quelque instrument de pénitence , pour n'être jamais sans douleur. C'était tantôt un rude cilice de crin , tantôt un instrument de fer , en forme de croix, hérissé de pointes, qu'elle mettait sur sa poitrine. Elle usait aussi de ceintures de fer , de bracelets de même matière, d'un corset garni de pointes , et d'autres semblables inventions de sa ferveur. L'hiver, elle ne prenait presque aucune précaution contre le froid , et si quelquefois elle se présentait devant le feu , au lieu d'y chercher quelque soulagement , elle s'en approchait de si près , que c'était pour en être comme rôtie toute vivante, ce qu'elle faisait sur-

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tout lorsqu'elle était sans témoin. Enfin ces souf- . frances, qui duraient tout le jour, ne suffisant pas à son grand esprit de mortification , elle prenait mille précautions pour les prolonger en quelque sorte pendant la nuit, se couchant ordinairement sur le plancher , sans autre couverture que sa robe , même en hiver ; ou ayant soin , si elle se mettait au lit, de s'y coucher sur une planche très- étroite, et d'autres fois sur une

sœur Barbier, croix garnie de pointes de fer (1). indiso^étion Êu faisant ainsi le détail des pénitences que austérités, Cette Sainte fille exerçait sur elle-même, afin

qui n'étaient , ,. i > i~v • •

pas réglées de S immoler a Dieu comme une victime pour

par

l'obéissance, ses SŒurs, iious n'avous garde d'approuver ce

Pourquoi

Dieu permit q^'i} y q^[ d'excessif daus de telles austérités.

que la 1 •'

^^s"y h^rà^^^"^ Plusieurs saints personnages , il est vrai , en ont exercé sur leur corps d'aussi rigoureuses, comme nous le lisons dans l'histoire de leur vie ; et ces mortifications, quelque cruelles qu'elles parussent , ont été très-agréables à Dieu , parce qu'elles étaient inspirées par son esprit et réglées par l'obéissance. Mais il faut l'avouer, la sœur Barbier, quoique très -innocemment de sa part, ne se conforma pas toujours assez scrupuleusement aux prescriptions des directeurs qui devaient la conduire. Dans son séjour à Québec , elle avait donné sa confiance à M. Glandelet , prêtre du

SUR LA SCEUK MARIE RARRIER. 121

séminaire de celle ville, très-versé dans les voies spirituelles ; et de retour à Montréal , elle désira de correspondre par lettres avec lui , afin de continuer à se diriger par ses conseils. Les avis d'une personne pour qui elle avait une si profonde vénération, lui firent croire qu'elle pouvait sans inconvénient ne pas recourir toujours au confesseur ordinaire. Mais comme ces avis reçus de loin lui laissaient une certaine latitude dans leur application à sa conduite, il arriva que, par un effet de son grand esprit de pénitence et de rigueur contre elle-même aussi bien que de charité pour ses sœurs, ils furent l'occasion des rigueurs excessives qu'elle exerça sur son corps la première année de sa supériorité. Dans le désir ardent qu'elle ressentait d'attirer des grâces abondantes sur la Congrégation , se regardant d'ailleurs comme la plus criminelle de toutes les créatures , elle se laissa emporter par sa ferveur, sans penser qu'il put y avoir d'excès dans ses pénitences, se persuadant au contraire qu'une aussi grande pécheresse qu'elle croyait l'être, ne pouvait pas s'infliger de trop rudes châtiments.

Elle se trompait en cela , et d'ailleurs les infirmités qu'elle contracta , comme nous le dirons bientôt , montrèrent manifestement que Dieu ne pouvait demander d'elle des pénitences si excès-

sives. S'il permit cependant qu'elle s'y livrât, - c'est cjue sans doute il voulait donner à la communauté naissante de la Congrégation une instruction puissante, sur le véritable usage des pénitences corporelles ; et apprendre à toutes les sœurs que si les austérités ne sont pas réglées par l'obéissance chrétienne , elles se changent en vraies cruautés et ruinent le corps pour tout le reste de la vie. Il voulut montrer encore par cet exemple combien il était important pour les sœurs de cet institut de n'avoir , dans chaque maison , qu'un seul directeur pour la conduite des consciences. M. Tronson jugeait en effet ce point si nécessaire , cju'il ne voulait pas qu'aucun autre prêtre du séminaire, que le confesseur de la Congrégation , dirigeât quelqu'une des sœurs de la maison de Villemarie. Ayant même appris que M. DoUier de Casson, qui en avait eu deux sous sa conduite, avait cessé de les diriger, {i) Lettresde jj i^[ écrivit pour l'en féliciter, comme d'un bon

M. Tronson : r

miiW ^de exemple qu'il avait donné en cela à la Congré-

Cnsson , du \l , • , r • ■ / 1 \

avril ïdsb. gation et au semman-e (1).

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