‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 74 sur 163 · SUR LA SŒUR MARIE BARBIER · texte numérisé non relu

SUR LA SŒUR MARIE BARBIER

nage dont nous parlons. Elle eut aussi la dévotion de faire celui de Saint-Joseph de la pointe de Lévy, pour témoigner à ce grand saint sa juste reconnaissance ; et enfin , après avoir édifié par ses vertus les religieuses de l'Hôtel -Dieu, et toutes les personnes qui avaient eu occasion de la connaître, elle partit au mois de septembre i 700 , pour se réunir à sa communauté (1). « La (i) vie de la

• T. Ti»i ,• srrur Barbier.

« sœur Marie Barbier de 1 Assomption , rapporte « la mère Juchereau dans son Histoire de VHôtel- « Dieii de Québec , s'en retourna l'automne à « Montréal parfaitement guérie, très-satisfaite, « pleine de reconnaissance, d'estime et d'amitié « pour notre communauté, oii elle a toujours été '< depuis fort chérie et considérée (2). « ek},^'f^u.''

Ce fut surtout à la communauté de Villemarie v.

La

que la joie n'eut point de bornes, lorsque les sœur Barbier

est chargée

sœurs virent arriver en parfaite santé leur chère '^^ ^çin

assistante qu'elles avaient cru perdre sans retour, ^'""ffeSe^^"

à son départ pour Québec. Quelque bien rétablie ^^" i|f P""'

qu'elle parût être , elles l'obligèrent cependant à ' des

, L -c p V ' • joints filles.

user de divers ménagements. Lntin, 1 année suivante, son état n'inspirant plus aucune crainte, elle fut chargée du soin des écoles , comme aussi de la direction de la Congrégation externe , emplois pour lesquels elle avait toujours éprouvé un grand attrait. Il serait difficile d'exprimer le

zèle avec lequel elle s'en acquittait et les saintes

industries dont elle se servait pour attirer ces

jeunes cœurs à Dieu en les attachant au culte de

Marie. Lorsqu'elle remarquait dans quelques filles

externes des dispositions particulières pour la

piété , elle ne manquait pas de les associer à ses

propres pratiques, surtout à l'approche des fêtes

solennelles, à la célébration desquelles elle avait

coutume de les préparer par ce moyen. Elle en

usait de la même sorte à l'égard des jeunes sœurs

de la Congrégation qui lui témoignaient plus

d'ouverture. « Le désir d'instruire les personnes

« de mon sexe, écrivait - elle , a été en tout

« temps mon incHnation favorite. Il me semble

« que je vois notre Seigneur marcher devant moi,

« m' appelant à sa suite , parcourant les villes et

« les bourgades, pour travailler au salut des âmes

« et instruire les ignorants ; que je vois aussi

« Marie recueillir les paroles de vie qui sortent

« de la bouche de son divin fils et les conserver

« dans son cœur, pour les distribuer elle-même

« à propos et avec une affection de mère à tous

« ceux qui viennent avec confiance écouter ses

« leçons. Faire l'école, le catéchisme, présider

c( aux Congrégations : ce sont là des emplois

« propres des Apôtres et la continuation de l'ou-

mur Barbier. « vrage du Sauveur (1). »

SUR LA SŒfll MARIE BARBIEH. 139

La sœur de l'Assomption ne témoignait pas Exemples moins de zèle pour procurer la sanctification de '' ^qufit"'^*'

. , 1 f, • i sœur Barbier

sa communauté ; car ses exemples étaient pour donne

. . à sa

toutes ses compagnes une exhortation puissante communauté. à la régularité et à la ferveur. Quoiqu'elle fût Tune des plus anciennes, et qu'elle eût été supérieure, elle était la plus soumise de toutes ses sœurs, et jusqu'à sa mort elle ne cessa de leur offrir le modèle le plus parfait de la vertu d'obéissance. « Je ne trouve la tranquillité de l'esprit, « écrivait -elle, et la paix du cœur que dans l'o- « béissance ; et j'ai peine à m'imaginer qu'on « puisse refuser quelc[ue chose à une supérieure (( qui nous tient la place de .lÉsus -Christ et de « sa très-sainte mère. Dans les emplois même <( les plus incompatibles avec mes goûts , ap- « puyée sur l'obéissance , j'ai souvent trouvé un « secours extraordinaire et tout à fait surpre- « nant. Suppléer sans murmure aux emplois des « autres, accepter de bon cœur toutes les humi- « liations et la pénitence qu'on pourrait nous « imposer, ou plutôt être toujours prête à tout, « ce doit être la devise d'une sœur de la Congré- « gation de Notre-Dame. »

Les heureuses influences que la sœur de l'As- vu.

^ La

somption exerçait ainsi sur la communauté, ^^ "st éfuc'*^* furent cause qu'aux premières élections qui ^'^^'J^f*^

la troisième

fois. Ses sentiments

sur son élection.

(l) Vie de In sŒiir Barbier.

Estime

que la sœur

Barbier

lait

des fonctions

en

apparence

les plus

commune.';.

eurent lieu après sa guérison , on la nomma pour la troisième fois à la charge d'assistante. Elle se soumit aveuglément, quelque désir qu'elle eût toujours de vivre cachée. « J'ai besoin, écrivait- « elle à cette occasion, de mettre en pratique « l'abandon total que j'ai fait de moi-même à « mon Dieu , et de me soumettre en toutes choses, « malgré tout ce que la nature peut en souffrir. « J'ai pris le parti de ne pas l'écouter, pas plus « qu'une bète de charge qu'on conduit où l'on « veut. Je vois même avec plaisir que ma vo- « lonté est rompue , quelquefois dans les choses « que je croyais devoir procurer un plus grand « bien. Tant mieux. Je n'ai jamais cru avoir plus « d'esprit qu'une autre; au contraire, j'ai tou- « jours préféré les autres à moi et suivi leur sen- « timent plutôt que le mien. Il me semble ce- '< pendant qu'on eût mieux fait de me mettre à « un autre emploi qu'à celui d'assistante. Mais « au fond tout doit m' être indifférent : être em- « ployée au grenier ou à la cave , aux champs « ou à la ville (1). »

Quelque haute estime qu elle eût des fonctions de l'instruction, la sœur de l'Assomption fut en effet toujours indifférente pour tous les emplois, même pour ceux qui concernaient le temporel et les soins matériels de la maison. C'est que, consi-

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