‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 79 sur 163 · II. H · texte numérisé non relu

II. H

et les nouveaux bâtiments que M. de Saint-Val- ]ier et d'autres personnes de Québec avaient entrepris , pour servir à un noviciat , étant enfin terminés , les sœurs commencèrent à les occuper durant l'hiver de 1701 à 1702. Cependant, soit que, depuis r abandon de son projet, M. de Saint- Vallier n'eût pas donné aux sœurs de Québec la rente amiuelle de mille livres qu'il leur avait assignée en 1698, ou qu'il se la fût réservée en totalité ou en partie sa vie durant, comme il fit pour d'autres fondations semblables , les sœurs

prétendus que celle srparalion aurail procurés a la Congrégation, a justifié, sans le vouloir, le refus que firent les sœurs d'y consentir. Le plus considérable aurait été selon lui la diminution des frais de voyage pour les missionnaires, obligées de parcourir un trajet d'environ 60 lieues de Villemarie a Québec, qui par là aurait été diminué de la moitié; avantage dont auraient joui aussi les postulantes, qui, n'étant pas admises à la profession , sont obligées de retourner chez

(1) Mémoires leurs parents (1). A cette considération, si légère et si futile, lT.(ie\araif^. '^ «joute deux autres prétendus avantages : 1° l'agrément *'*®* qu'auraient eu les sœurs de ne pas se dépayser, de se trouver

ainsi près de leurs familles , et 2° le grand nombre de prétendantes que ce rapprochement, joint a la diminution des frais de voyage, auraient engagé à embrasser l'institut de la

(2) ibid., p. Congrégation et à y demeurer toute leur vie (2). Mais si la ^'''' séparation eût dû amener de tels résultats, on doit louer les

sœurs de ne pas s'y être prêtées, puisque rien n'eût été plus funeste à l'esprit de zèle apostolique dont doit être animé leur institut ; et qu'enfin , la sœur Bourgeoys n'eût pu y donner les mains sans détruire elle-même son propre ouvrage.

de cette mission avaient beaucoup de peine à se procurer le nécessaire. Ce fut ce qui engagea MM. Raudot, intendants du Canada, à demander au ministre la même rente pour être employée aux mêmes objets, que M. de Sain t-Vallier avait désignés dans son contrat de fondation. « J'ai « rendu compte à Sa Majesté , répondait le mice nistre à MM. Raudot, de ce que vous me marw quez au sujet des établissements des sœurs de « la Congrégation, qu'on pourrait faire dans « plusieurs lieux du Canada pour l'instruction « de la jeunesse ; et de la proposition que vous *< faites d'accorder une somme de 1,000 livres, « dont la moitié pour celui de Québec , qui sub- « siste avec beaucoup de peine, et l'autre moitié « pour ceux qui pourraient se former. Sa Majesté w désire que vous m'informiez plus en détail des « endroits oîi il serait utile d'en établir , et de ce « qui se pourrait faire pour les soutenir (1). « {\) Archives

^ ^ ^ ^ ' de la marine:

Mais les troubles gui survinrent à l'occasion des MiredeM.de

^ Pontcnartrain

vœux, comme nous le raconterons bientôt, firent 'l^i^!^]fi^Xi^i\

perdre ce projet de vue. Les sœurs de Québec f2)^rr/(a'e5 ^/e

acquirent néanmoins, vers ce temps, une petite de%uéhTcfre-

rente annuelle de 50 écus (2). Tesmittions! Voici quel était en 1701 l'état de cette mis- vi.

État

sion, d'après le rapport fait au gouverneur gé- de la mission néral et à T intendant , par la sœur Marie -Made-

leine Asselin, dite de Saint -Ignace, qui en était devenue supérieure , après avoir été assistante de la sœur du Saint-Esprit : « A Québec il y a « ordinairement cinq ou six sœurs occupées à H tenir les éioles et à faire l'instruction à plus de « cent filles, dont le nombre croit tous les jours. « Cet emploi les occupe presque entièrement, « et ne leur laisse pas le temps suffisant pour gâte gner une partie de leur subsistance. Elles font « cependant ce qu'elles peuvent pour n'être « point à charge à personne, travaillant dans « tous les intervalles qu'elles peuvent avoir hors « le temps de leurs classes ; et comme elles sont « obligées d'y passer une partie de la nuit , cela « intéresse beaucoup leur santé , et plusieurs ne « peuvent porter longtemps cette fatigue sans y [i) Archives « succouiber (1). » Nous remarquerons ici en

de la marine,

31 oc/oè. 1701. passant que les sœurs de la Congrégation, ayant

Etat des biens

des commu- été appelées à Québec en 1686, pour y donner

nautés, dressé -T-t

par MM. de naissaiicc à l'établissement de la Providence,

Calliere et de

fœurs^deçiL q^ ^e se soutint pas, furent d'abord nommées dans cette ville : Sœw^s de la Providence , et connues vulgairement sous ce nom pendant bien des années. C'est ahisi qu'on les trouve désignées dans un mémoire sur le Canada, de l'année 1705, adressé au ministre de la marine. « 11 y a à Québec, lit-on dans cet écrit, une

« coinmimauté de lilles appelées de la Provi- « dence, sorties de la ville de Troyes en Cham- « pagiie. qui ne gardeni point la clôture. Elles « reçoivent des pensionnaires et s'appliquent à « enseigner dans les petites écoles une mul-

(11 Ibid.nOo.

'< titude d'enfants , ce qu'elles font avec beau- Mémoire sur

/es a /foires fin

« coup de bénédiction (1). » Canada.

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