‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 80 sur 163 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

tTAT DES Al'TRES MISSI0>5 DE LA CONGREGATION.

Les sœurs missionnaires qui exerçaient leur ^ i-

^ " Des sœurs

zèle en 1701 , étéiient au nombre de vingt, dont missionnaire^^ six à Québec et deux dans chacmie des sept e,\"gfiié?ai. autres missions que la Congrégation entretenait alors , sans parler encore de celle de la Montagne de Montréal, oîi deux autres sœurs étaient employées à l'instruction des jeunes sauvagesses. Dans ces huit missions, elles enseignaient gratuitement les enfants, et vivaient toutes du travail de leurs mains (2). Il arrivait de là crue dans (2) État des

^ ' ^ biens des com-

les lieux pauvres où le travail manquait, elles munautés \b.

^ j- ' Congrégation.

étaient obligées de s'imposer de durs et continuels sacrifices. De ce nombre étaient celles de

la mission de la Sainte-Famille dans l'île d'Orléans , oîi elles ne subsistaient qu'avec peine , malgré la sollicitude généreuse de M. Lamy, curé de cette paroisse , leur fondateur. II. Ce zélé pasteur, charmé des fruits qu'elles y

Etat

de la mission produisaient , avait fait construire pour leur

de 1 lie ^ ^

SéroSté i^sage, en 1699 et 1700, une maison en pierre, ^Vonda^ioii^ ' 'i^cc ses dépendances , accompagnée d'un jar-

Le Franc, diu ( 1 ) ; et pour suffire à ces dépenses , il avait été dy\^irrhevê- obligé de contracter des dettes. Se voyant inca- '^ remarques' pable d'y Satisfaire et désirant d'ailleurs de pro-

x)i.r les mis- , . , , ,

sions. curer aux sœurs quelque revenu qui assurât la

durée de leur établissement , il songea à intéresser à cette bonne œuvre M. Berthelot , seigneur de nie d'Orléans. Ce dernier, en effet, ne leur avait accordé jusque alors d'autres faveurs que la concession d'un arpent de terre , sur lequel leur maison venait d'être construite , et la remise de quelques droits seigneuriaux qui lui étaient dus (*)• M. Lamy, pour toucher plus sûrement ce seigneur, s'adressa au ministre de

(*) C'élaienl les droits dus au seigneur pour les quatre arpents de front, sur la profondeur de la moitié de l'île, que les sœurs avaient reçus de la libéralité de M. Lamy. En leur en accordant la remise, M. Berthelot les avait obligées a faire célébrer a perpétuité deux messes tous les ans a son intention, l'une le troisième lundi après Pâques, l'autre le jour de saint François d'Assise, son patron.

MAROUERITE LE MOINE , 3= SlTÉKIEUllE , 1701 . \(u

la marine , en le priant de lui recommander lui-même le soutien de cette mission. « I.'éta- « hlissement dont vous parle le curé de la « Sainte -Famille d'une maison de filles de la « Goneréeration dans l'île de Saint-Laurent (1), » (i) Appelée

^ '^ \ ' ' tiujourd nui

écrivaient de leur côté au ministre le gouver- ^^ Orléans.

neur général et l'intendant du Canada , « y a

« été fondé par ses soins, quant aux bâtiments.

« Ainsi , il ne s'agit plus que de le faire sul>

« sister. Comme il s'est fort endetté pour cela,

« il faudrait c{ue M. Berthelot entrât pour

« quelque chose dans la dépense qu'il y a faite,

« et qu'il y donnât quelque revenu; cet éta-

« blissement étant très-nécessaire pour cet en-

« droit (2). » Le ministre parla en efTet à mArcinces

^ ' ^ de la marine,

M. Berthelot, qui promit d'aider les sœurs, si ]°ftresde\îM. l'Ile d'Orléans, dont la propriété lui était con- foT't?! " ^^°^' testée , venait à lui demeurer par le gain du procès qu'il avait alors (3). Nous ignorons quelles (3) ibid vofurent les suites de cette promesse; mais peu fçl\(^''\f"^ê après les sœurs de la Sainte-Famille reçurent f^'^firRaud'un particulier de Québec, nommé Toussaint nJs .^S Le Franc, une somme de 3,000 livres, pour Rcn(dot,ioc-

• > 1 • j' ru '11 *^^''^ 1708, p.

ser\-ir a la pension d une pauvre Iule . cpi elles lei. prendraient chaque année pour l'instruire , et qu'elles pourraient employer au ménage de leur maison. Le pieux donateur les obligea à faire

célébrer chaque année six messes basses , avec cette clause , qui honore sa tendre piété pour Marie: qu'elles seraient célébrées dans les intentions mêmes de cette divine Mère (*). Il voulut

{{) Arc/tives ^ '

de vurchevê- ;mssi que . dans le cas où la mission de la Sainte-

che de Québec: ^

remarques Pamillc viendrait à s'éteindre , la fondation fût

sur les mis- '

smns, 13 no>'t .^ppiiq^^^^ ^^ 1^^ commuuauté de Villemarie (1). III. Les sœurs missiomiaires de la Montagne de

La mission ^ ^ ^

àe la Montréal furent transférées , en 1 701 , à la rivdère

Montagne

est transférée Jes Prairies (2) , à l'occasion cme nous allons

au Sault ^ ' ' ^

auRécoiict. ^|jj.g Depuis longtemps les ecclésiastiques du

{'i)Arr/iives

de la marine; séminaire, afïlififés de la srande facilité que

état des biens o o ^

des rommu- j^^pg sauvages avaient d'aller à la ville et de s'y

nautes, 31 nr- ^ o j

tobre, 1701. piocurcr des liqueurs fortes, ce qui occasionnait les plus affreux désordres parmi eux , s'étaient décidés à les transférer dans un lieu plus éloigné de Villemarie. Mais ne voulant pas priver cette ville du secours qu'elle pouvait recevoir de leurs armes, en cas de guerre ou d'attaque de la part des ennemis . ils résolurent enfin de les fixer à l'autre côté de l'île de Montréal , sur le bord de la rivière des Prairies . dans un lieu appelé le Scmlt au Récollet (**). Pour les y attirer plus

(') L'une de ces messes devait être célébrée le 3 de novembre, et les autres le premier jour libre qui suivrait chacune des cinq principales fêles de la sainte Vierge.

('*) Le Sault au Récollet a été appelé ainsi a l'occasion

MARGI'ERITE LE MOINE, 3* SLTÉRIEURE , 1701. 1(30

aisément , le séminaire fit construire un fort de

pieux défendu par trois bastions, avec une i\ lettre de

église (1) bâtie sur le modèle de la chapelle de ^lZ'drp7'''Tu

Notre-Dame- de-Lorette en Italie, ce qui fit '^vTilemarie ;

appeler Noiw elle- Lor elle la mission du Saull au M.deBeimont

. sur 1(1 mission

Bccollet (2). Comme la plus grande partie des de in Montagne.

sauvages s'y étaient déjà établis (3) en 1701 , (2)ibid.,ow-

1 ^ 1 n> f ■ • talogiie des

les sœurs de la Congrégation cruitterent cette membres du

séminaire; M.

année la Montagne . et allèrent occuper , dans le Gay.

fort du Sault au Récollet, un bâtiment, à la con- m. Tronson.

struction duquel elles avaient bien voulu contri- deia'marint,

buer (4), au moyen de la gratification de 3,000 biens des com-

. munautés:

livres, que le roi leur faisait tous les ans. congrégation.

d'un religieux de cel ordre, le Père Nicolas Viel , qui y périt en 1625, par la seéléralesse des sauvages iiurons qui le conduisaient. Il s'était embarqué avec une troupe de ces sauvages qui allaient en traite aux Trois-Rivières , et se rendait à Québec pour) vaquer aux exercices de la retraite spirituelle, dans le couvent de Notre-Dame-des-Anges. La violence du vent et l'agitation des flots ayant séparé les canots de cette troupe, et le Père Nicolas Viel se trouvant avec trois Hurons impies, qui atîeclaient cependant du respect pour lui , ils le précipitèrent dans l'eau avec un jeune Huron son disciple, appelé Ahautsic, qu'il avjiit instruit et baptisé; et l'un et l'autre furent submergés en un moment. On retira des mains des meurtriers le calice du Père Viel , ainsi que quelques lambeaux de ses ornements qu ils avaient deja mis en pièces, voyage du pays pour s'en faire des ajustements de leur façon. On recouvra p'^]. j.- Gabriel aussi quelques écrits que ce religieux avait tracés sur des ■"'"g""' svÔ.^s^aVécorces, et où était une espèce de journal des missions (1). 322-323.

170 HISTOIRE DE LA CONaRÉGATION. — CH. II.

î^-^ Là , comme précédemment à la Montagne ,

*^® du sauft^'^ ^^^^^ sœurs étaient uniquement occupées à l'inau Récollet, stru^ion dcs petites sauvagesses, et leur fournissaient de la laine pour leur apprendre à travailler. La sœur Marguerite Le Moine , en rendant compte de l'état de cette mission à M. de Caillère , gouverneur général , et à M. de Champigny. intendant du Canada, ajoutait, au sujet de ces sauvagesses : « On en prend sLx « d'entre elles que Ton nourrit et que Ton en- « tretient comme si elles payaient pension. Ces « six petites sauvagesses , étant sans cesse sous « les yeux de leurs maîtresses, sont plus tôt for- (1) État des << niées , et servent ensuite à former les au-

hiem des com- , / , -,

munautés , ih. ^< trCS [l). »

'iâ^2e

(f/Wi 'î/ie'T>^éy^à7^lC^

jnci^/

Celle de ces enfants qui fit le plus d'honneur aux sœurs de la mission du Sault au Récollet, fut sans contredit une petite fille nommée Elisabeth Naim, prise sur les Anglais à Dierfde par mReqistrcs ^^^ sauvages de la Mission, lorsqu'elle n'était 1iu%auifZ encore âgée que de deux à trois ans (2). Elle

Récollet: 29 j^. . , . , , , , .

juillet 1715; protita SI Dieu des leçons de ses vertueuses mai-

18 septembre > n .■ " i i i r f

ni 9. tresses, quelle lut un exemple de grande édi-

fication pour tous les sauvages, et que dans la suite , étant devenue mère de famille . elle eut la consolation de voir entrer dans la Congrégation deux de ses fdles ; l'une desquelles , que nous ferons connaître en son lieu , fut même élue pour gouverner cet institut , dont elle fut la douzième supérieure après la sœur Bourgeoys.

Rivière des Prairies.

A Etili^e de Vo/rc- Duinc de Lorctie.

B Maison des missionnaires.

C Maison des

sœnrs de la Congrégation.

D Maison des fermiers.

E Bastions.

F Entrée du fort.

PL.iS DE L'ANCIEN FORT DL SAULT

au Récollef.

Sous la supériorité de la sœur Le Moine . la Congrégation ne s'appliqua pas seulement à améliorer l'état des missions qu'elle entretenait alors , elle en rétablit deiLx: , celle de Champlaiii et celle de la Chine , qui avaient été interrom-

pues au temps des guerres des Iroquois , et en forma deux nouvelles , celle de Boucherville et celle de la prairie de la Madeleine , comme nous allons le raconter.

no-i. M. Louis Geoffroy , prêtre de Saint -Sulpice,

Réiabiissement que M. Tronson qualifie dans ses lettres un bon

de la

mission Ouvrier qui avait beaucoup travaillé pour le Ca-

de

champiain. nada , fut envoyé, en 1697, par M. Dollier de

Casson à Champiain , pour prendre la conduite

'\) Registres de Cette Daroisse (1). 11 en fit construire l'édise

ae la paroisse x \ / ^

(le Cham- ç^ pierre . comme aussi les églises de Sorel , de

plinn. — La- >- o ^

mimhres 'du ContrecŒur et d'autres (2) ; et ne voyant rien de

viiiemurie: ptus utiie pour la paroisse de Cliamplam, que

{i) Archives ^'y l'établir la mission que les sœurs de la Con-

du séminaire ,,. ., .p-mi o.

deviiiemarie; gregatiou y avaient eue autretois, il leur lit con-

Ipttre de M. . . , „ . i • -, ,

deS'iint-voi- struirc une maison a ses Irais, et obtint de la

lie)- , du 20

»ioi 1703.— sœur Le Moine deux sœurs pour cette mission.

Lettre de M. ^

i6%''<^^Woî' Comme le pays était pauvre et qu'elles n'au- M uJchassiel ï'ciient pu y subsister par le travail de leurs r«î/£f^!/23 mains, il s'imposa toutes sortes de privations pour les soutenir: portant le dépouillement jusqu'à engager pour elles tout ce qu'il possédait en i;i) Lettre de Canada, et même à vendre ses livres, ses meu-

M. Leschas-

7nars 1706 — ^^^^ ^^ ^^ peudule (3). « J'ai rendu compte au mîirinT'^^^iet- " 1*^*1 •< ^^^^ écrivait le ministre , des écoles que ^Raud'o'i, nno- « ^'^us avcz étabHes tant en Canada qu'à l'Acadie,

ceiribre 1707, i.- , ,• i i • i i

p. 117. «pour 1 instruction de la jeunesse de ces colo-

« nies (*) ; et de la dépense que vous avez faite « pour l'église de Ghamplain , et pour la maison « que vous avez fait bâtir pour une congrégation « de filles. Sa Majesté m'a paru fort satisfaite de « votre zèle pour la religion et pour son service.

(*} Par les écoles que M. Geoffroy avait établies à l'Acadie, il faut sans doute entendre celle des sœurs de la Congréga- .lion des tilles de la Croix, commencée en 1701 par la sœur Cliauson. Cette sœur, qui partit de la Rochelle le 12 mai de cette année, et arriva à Port-Royal après plus de cinquante jours d'une traversée très-orageuse, fut bien surprise d'en trouver les habitants réduits à la dernière misère : leur ville ayant été prise, pillée et brûlée plusieurs fois par les Anglais. « Notre église, écrivait-elle, est dans une pauvreté « affreuse. Elle n'est couverte que de paille, les murs ne sont « faits que de colombage, les vitres ne sont que de papier; € il n'y a point de cloche, et on n'appelle le peuple a la sainte « messe qu'au son du tambour. A l'autel on est obligé de se « servir de chandelles; il n'y a ni gradin, ni chandelier, ni « crucifix, ni tableau, ni encensoir; il n'y a point de bu- ••' rettes ni d'essuie-main. Il n'y a pas même une armoire pour « serrer deux ou trois chasubles de méchant camelot et deux n aubes presque usées. Mais ce qui est plus déplorable encore, '( le très-saint Sacrement n'est conservé que dans une petite n boîte de bois, composée de quatre planclies, attachées en- « semble avec quelques clous : voila tout le tabernacle où « réside le Dieu du ciel et de la terre. Les Anglais enlevèrent " un tabernacle qui était propre, les vases sacrés et tout le '< reste. Enfin tout y manque; et assurément notre aimable « Sauveur ne fut pas plus pauvrement logé dans l'étable de dcvartcmenta- « Bethléhem qu'il ne l'est ici. Nous avons bien de quoi y ^inféUatrî'-fcnût « exercer les vertus chrétiennes, surtout la foi, l'espérance, ^!,^^„ iirsuHnes

' 5 15 ae Rouen: lettre

'< la pauvreté et le dépouillement de toutes choses (1).» Enfin, dciasœurciiau- , ,, ' V / •> ^^„^ ^y 21 oc-

dans 1 espérance de procurer a 1 église de Port- Royal les ob- lobrc t"oi.

(i) Ai'chives de la iMirine, registre des dépêches de l'Amérique septentrionale , J707 et 1708; lettre à M. Geoffroy .

curédei'hfnnplain , du 30 juin 1707.

« J'écris à M. Raudot , intendant , de vous aider (« en ce qu'il pourra , et de me faire savoir la « dépense que vous avez faite , afin de pouvoir « vous procurer quelque grâce de Sa Maj esté ( 1 ) . » jVI. Geoffroy était bien digne en effet d'en re-

(1) Arcliivcs extrait des lettres de l'Acadie , 27 février

(2) Ibid., lettre de l'écêqne de Québec, du 29 novembre 1703.

(3) Archives de la Congrégation; lettre de M. de Sainll'allier à la sceur Ciiarly .

du 25 avril

jels les plus nécessaires au culte divin, la sœur Chanson écrivit le 27 octobre 1701 une lettre circulaire k Joules les religieuses Ursulines, Carmélites et Visitandines, et ût un appel à leur charité.

On comprend assez par ces détails quel devait être à Port- Koyal le dénùraenl de la sœur Chanson elle-même. Comme elle y était cependant d'une très-grande utilité pour l'éducation des filles, le gouverneur écrivait deu\ ans après au ministre : « Je crois qu'il est nécessaire de lui accorder quel- « (lue petit secours, afin de l'aider a subsister et de faire un « établissement, sans quoi elle sera obligée de repasser en a France (1).» M. de Saint-Vallier écrivit aussi de son côté, ajoulanl (ju'il serait très-avantageux, pour rendre ce bien permanent, d'établir une communauté de maîtresses d'écoles à Porl- Royal , et d'accorder quelque secours pour sa subsistance (2). Ce projet demeura apparemment sans exécution, puisque M. de Saint-Vallier, quelques années plus tard, proposa aux sœurs de la Congrégation de former elles-mêmes cette communauté- La sœur Charly, leur supérieure, lui répondit que l'état des affaires publiques ne permettait pas de donner suite a ce dessein, car on était alors en guerre avec l'Angleterre. « Quand « je vous ai proposé une mission de vos sœurs pour l'Acadie, « lui répondit ce prélat, je n'ai pas prétendu que ce fût pen- (' dant la guerre (3). » Mais ce pays avant été cédé aux Anglais par le traité d'Ulrecht, M. de Saint-Vallier abandonna son projet , et offrit aux sœurs de former un établissement de leur institut à Louisbourg, dans l'Ile Royale, ce qu'elles acceptèrent, comme il sera dit dans la suite.

ce voir quelqu'une pour subvenir à ses propres

besoins. 11 avait dépensé plus de 8,000 livres en

bâtisses; mais il n'eut pas le temps de profiter

de la bonne volonté du roi, étant mort cette

même année 1707. à l'Hôtel-Dieu de Québec,

où il s'était fait transporter. « Nous avons bien

« regretté M. Geoffroy , écrivait le supérieur du j}lf ijjchal

« séminaire de Saint-Sulpice de Paris; et je crois m! 'de Laœ-

1 ,p . • . 11' lombière Sei-

« que ce cher delunt jouit maintenant de la re- ré, du i m/ii « compense de ses travaux et de ses soufTran- (-2) Mé,>,oire « ces (1). » On place à l'amiée 1702 le rétablis- £' sœurs 'de sement de la mission de Cliamplam (2). tio7i.

L'année suivante , M. Guibert de la Soudrays, ^'''^• prêtre de Saint-Sulpice et curé de Boucherville , Établissement

^ ^ lie la

procura aussi à sa paroisse un semblable établis- miy^ion sèment. Ce bon pasteur, après avoir eu la dou- BoucherviUe. leur de voir ses brebis dispersées , enlevées et cruellement égorgées par les Iroquois (3), ne J^'^^^/^'ifo? voulut jamais se séparer du petit nombre de \'',!^soLnnjs, celles qui avaient échappé à ces horribles mas- '/égg^ '^^" sacres, quoique d'ailleurs sa santé fût entièrement ruinée, et cpie ses parents lui fissent les plus vives instances pour son retour en France (4) . , (f ) Let^'-ede

^ ^ ^ ^ M.Leschasster

Malgré l'extrême pauvreté où était réduite la pa- ^J Z'IiTioe" roisse de Boucherville , il y établit, en 1703, une mission de la Congrégation , ayant obtenu de la sœur Le Moine deux de ses filles pour en avoir

la conduite. Deux ans après, M. Boucher, seigneur de cette paroisse , jaloux de contribuer de sa part à un si utile établissement , donna aux sœurs, sous une modique redevance annuelle, un emplacement de 81 pieds sur 178, situé proche de l'éghse , et sur lequel était construite une petite chapelle en l'honneur de la très-sainte (1) Archires Vierge (1). Les commencements de la mission de

de l'a relie vê- '

ché de Québec- Boucherville furent assez difficiles, tant à cause

remarques '

7ions% mats ^^ ^^ misère de cette paroisse , que du dénù- ' '°^ ment où M. de la Soudrays se trouvait lui-même

réduit. Car il parait que ses parents, pour lui faire sentif le déplaisir que leur causait son refus de retourner au milieu d'eux , cessèrent de lui envoyer les secours cpi'ils avaient coutume de lui {<i) Lettre de fournir (2). La mission des sœurs ne tarda pas

M. Trunson, ^ ' ^

ibid. cependant à produire ses fruits , à mesure que le

pays se rétabht, et que la popidation s'accrut. Les sœurs eurent la consolation de voir leurs écoles fréquentées par im très-grand nombre d'enfants, dont la docilité . la piété et l'application à tous leurs devoirs, les dédommagèrent abondamment de leurs peines et de leurs sacrifices. Elles ouvrirent même un pensionnat à Boucherville; et c'est là , aussi bien que dans les écoles externes , que toutes les mères de famille du pays ont été formées jusqu'à ce jour.

Dans le même temps un autre pnMre de Saint- , vii.

Etablissement

Sulpice, curé de la Prairie de la iMadeleine , pro- 4^ .'^

^ ' ■■• missiun

uura à cette paroisse un semblable étaljlissement. ^'^ 'de'ia'''^

Les RR. FP. Jésuites, qui en étaient seigneurs, ^^^^''^''''''■ ne pouvant y envoyer un des leurs à cause de

leur petit noml3re , les ecclésiastiques de Saint- {i) Archives

il H sém maire

Sidpice la desservirent pendant longtemps , pour 'l^l'{^''^f^^'}^>

ne pas y laisser les fidèles sans secours (1). L'un ^/J^^j^eïmont'

de ces derniers , M. de Villermaula , qui en devint ^797^.^ ^^'"'^''

curé en 1 702 (2) , en fit construire l'église (3) ; et [^Registres

(le la paroisse

pour procurer aux enfants le ?jienfait de l'instruc- «^^^ ^« Prairie

'■ •"■ rie la Macle-

tion chrétienne . il obtint de la sœur Le Moine '^'''^•

[y^Lettrede

deux sœurs de la Consrréaation. Charmés de con- ;Y- . ^^^IT''°y'

^ " ibid.

tribuerà cette bonne œuvre, les RR. PP. Jésuites donnèrent, le 3 juillet 1705, un arpent de terre en superficie , proche de l'église paroissiale . à la charge pour les sœurs qui résideraient à la Prairie de la Madeleine , de faire chacune tous les ans une communion dans l'octave de S. Ignace, et une autre dans celle de S. François Xavier (4). w Archives

de l'archevé~

Ici comme à Boucherville , les sœurs eurent beau- chéde Québec:

remarques

coup de privations à endurer dans les commen- -^l"' '^^ """'" céments. « Je ne néglige rien , écrivait quelques <t années plus tard M. de Saint- Vallier à la su- « périeure de la Congrégation, pour engager « M. (Ulric), curé de la Madeleine, à faire trace vailler à la maison de vos sœurs de cette misn. 42

i78 HISTOIRE DE LA CONGRÉGATION. — CH. II.

c( sion. Ma bourse est si épuisée que je me vois

« sur le point d'abandonner tous mes ouvra-

[i) Archives « ^es (1) ». Dieu bénit le zèle et le dévouement

de la Conyré- o v / ^ > i r» • • il

gatio)i ; lettre ^q^ sŒurs uiissionuaires a la Prairie , et leur

de M. de Saint- ,

luiiiirf"^^ établissement, qui subsiste encore aujourdhui, a rendu les plus importants services à cette paroisse.

Page 1