VI. Dans cette attente , la sœur Charlv adressa son
,ettre •*
^charh"^ mémoire à M. de Pontchartrain , avec un extrait des règles de la Congrégation , et une lettre où elle lui parlait en ces termes: « L'ordre dont nous « a honorées Votre Grandeur contient deiLx arti- « clés : le premier nous interdit la clôture, le « second nous défend les vœux. Nous avons pour « l'un et pour l'autre une égale soumission. « étant destinées, par les vues que Sa Majesté a « eues sur nous, à rendre service au public, « en lui donnant les exemples de l'obéissance « la plus parfaite. Nous ne saurions assez té- « moigTier notre reconnaissance à Votre Gran- « deur pour la bonté qu'elle a eue de nous mettre « à couveil des desseins qu'on pourrait former « pour nous engager à la clôture : desseins qui « ruineraient notre institut s'ils étaient exécutés, « et qui seraient entièrement contraires aux in- « tentions de Sa Majesté, aussi bien qu'à l'incli- « nation qui nous porte à nous consacrer à « jamais au service du public . par l'éducation « des filles du pays. C'est pourquoi nous avons «t de très-grands sujets de remercier très-humble- « ment Votre Grandeur de nous avoir obtenu u un ordre si avantageux. Le sentiment d'une si u grande marque de votre bienveillance demeu- « rera à jamais gravé dans le fond de nos cœurs.
LA SŒUR CHARLY, i' SUPÉRIEURE, 1709. 207
« Ce sentiment , Monseigneur, nous sollicite à « nous adresser à Votre Grandeur pour la supw plier, avec la confiance la plus respectueuse « et les instances les plus soumises , de nous « obtenir la permission de continuer les vœux « que nous faisons depuis plusieurs années, « avec tout le fruit et les bénédictions dont nos « supérieurs en ce pays poiuront vous rendre K témoignage. Les personnes auxquelles Sa Ma- « jesté nous a soumises pour nous gouverner, nos « seigneurs les deux évêques de Québec , toutes « les personnes les plus éclairées , tant à Paris «■ qu'en ce pays , et surtout notre propre nécessité, « nous ont engagées à recourir à ce moyen, qui a « réussi. Les vœux ont retenu les sujets et en ont « attiré d'autres. Nous nous sommes trouvées « en état de nous disperser selon le besoin des « peuples; et maintenant, grâce à Dieu, nous <v sommes une cinquantaine , parfaitement unies, « pour concourir avec tout l'empressement dont « nous sommes capables au service de la colonie. « Quoique votre protection soit toute-puissante « auprès du plus grand des rois , nous osons « vous assurer. Monseigneur, cpie la grâce que H vous nous ferez sera la plus grande de celles « que nous pouvons espérer de votre bienveil- « lance. Car nous défendre les vœux, ou rompre
« notre institut, est la même chose. Cependant,
« quelque désir que nous ressentions d'obtenir ce
« que nous demandons , notre première incli-
« nation sera d'obéir avec un très-profond res-
d}\ycongr7- " P^^* ^^^ Ordres de Sa Majesté , au service et à
f/é''X' Lur ^^ la gloire de laquelle nous serions heureuses de
Charbf à M. .r> i i • i . /
de pontchar. « sacritier ce que nous avons de bien , cie santé
train , du 30 i • / \
juin 1709. « et de vie(l). »
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Autres
lettres
au ministre.
Dispositions
peu
favorables
de la cour
à l'égard de
M. de Saint -Vallier.
(?) Archives de la marinp , lettres d,' MM.
Raudot n M.
de Ponlrliartrain , du 1 ', f écrier 1709^/ du 14 noveoibre 1709.
(3) Lettre de MM. Raudot au ministre, p. 88.
MM. Raudot joignirent aussi leurs instances à celles de la sœur Charly. Ils exposaient fort au long à xM. de I^ontchar train l'utilité des vœux , et finissaient par le prier d'obtenir du roi des lettres patentes cpii autorisassent les sœurs de la Congrégation à faire des vœux simples et leur interdissent la clôture pour toujours (2). M. de Belmont et M. de la Colombière, comme grands-vicaires , écrivirent aussi de leur côté , en l'alisence de l'évèque (3). Enfin, M. de Saint- Vallier lui-même, pendant sa captivité en .\ngleterre , et surtout depuis sa déhvrance , se donna bien des mouvements pour engager la cour à révoquer la défense : mais ce fut au contraire